CXLVIII NUIT
by Unknown · from Les mille et une nuits - Tome premier
Adapted Version
Bakbarah lived in a big city. He liked to walk and see new things.
Bakbarah saw The Lady. She was very nice. The Lady smiled at him. Bakbarah liked her smile. He wanted to be her friend. The Old Woman was with The Lady. Bakbarah felt happy to see them. He felt good with them. He wanted to stay.
The Lady had an idea. It was a new idea. She spoke to Bakbarah. Her voice was soft. "I have a special game," she said. "It is a secret game." Bakbarah watched her. He wanted to know more. "Will you play?" Old Woman asked. She smiled at Bakbarah. "It is a fun game," she said. "Very fun. Try it." Bakbarah wanted to please Lady. He liked her. He said, "Yes, I will play." He was excited.
The Lady took Bakbarah to a room. It was a small room. She gave him new clothes. The clothes were colorful. "Put these on," she said. Bakbarah looked at the clothes. He felt a little strange. Bakbarah put on a lady's dress. It was a long dress. He wore a big hat. The hat was very wide. The clothes felt funny. They were not his clothes. He looked very different. He looked like a lady. This was part of the game.
Bakbarah came out. He walked slowly. The Lady saw him. Her eyes were wide. She laughed loudly. She laughed very much. The Old Woman laughed too. She clapped her hands. They clapped their hands. Bakbarah felt a little silly. He did not like the game. He did not like their laughter. He felt a little sad. His heart felt heavy. This game was not kind. It made him feel bad.
Bakbarah learned a lesson that day. It was an important lesson. He learned to be strong. It is good to say no. Say no to bad games. If a game makes you sad, say no. Say no clearly. True friends do not ask this. They want you to be happy. They do not make you unhappy. They respect your feelings. Always listen to your heart. Your heart knows best.
Original Story
CXLVIII NUIT.
Sire, le barbier continuant l'histoire de Bakbarah: «Mon frère, dit-il, prit le verre de la main de la jeune dame en la lui baisant, et but debout en reconnaissance de la faveur qu'elle lui avait faite; ensuite, la jeune dame le fit asseoir auprès d'elle et commença de le caresser; elle lui passa la main derrière la tête en lui donnant de temps en temps de petits soufflets. Ravi de ces faveurs, il s'estimait le plus heureux homme du monde; il était tenté de badiner aussi avec cette charmante personne, mais il n'osait prendre cette liberté devant tant d'esclaves qui avaient les yeux sur lui et qui ne cessaient de rire de ce badinage. La jeune dame continua de lui donner de petits soufflets, et, à la fin, lui en appliqua un si rudement qu'il en fut scandalisé. Il en rougit, et se leva pour s'éloigner d'une si rude joueuse. Alors la vieille qui l'avait amené le regarda d'une manière à lui faire connaître qu'il avait tort, et qu'il ne se souvenait pas de l'avis qu'elle lui avait donné d'avoir de la complaisance. Il reconnut sa faute, et, pour la réparer, il se rapprocha de la jeune dame en feignant qu'il ne s'en était pas éloigné par mauvaise humeur. Elle le tira par le bras, le fit encore asseoir près d'elle, et continua de lui faire mille caresses malicieuses. Ses esclaves, qui ne cherchaient qu'à la divertir, se mirent de la partie: l'une donnait au pauvre Bakbarah des nasardes[54] de toute sa force, l'autre lui tirait les oreilles à les lui arracher, et d'autres enfin lui appliquaient des soufflets qui passaient la raillerie. Mon frère souffrait tout cela avec une patience admirable; il affectait même un air gai, et regardant la vieille avec un sourire forcé: «Vous l'avez bien dit, disait-il, que je trouverais une dame toute bonne, tout agréable, toute charmante. Que je vous ai d'obligation! - Ce n'est rien encore que cela, lui répondait la vieille: laissez faire, vous verrez bien autre chose.» La jeune dame prit alors la parole, et dit à mon frère: «Vous êtes un brave homme, je suis ravie de trouver en vous tant de douceur et tant de complaisance pour mes petits caprices, et une humeur si conforme à la mienne. - Madame, repartit Bakbarah, charmé de ce discours, je ne suis plus à moi, je suis tout à vous, et vous pouvez à votre gré disposer de moi. - Que vous me faites de plaisir, répliqua la dame, en me marquant tant de soumission! Je suis contente de vous, et je veux que vous le soyez aussi de moi. Qu'on lui apporte, ajouta-t-elle, le parfum et l'eau de rose.» À ces mots, deux esclaves se détachèrent et revinrent bientôt après; l'une avec une cassolette d'argent où il y avait du bois d'aloès le plus exquis, dont elle le parfuma; et l'autre avec de l'eau de rose qu'elle lui jeta au visage et dans les mains. Mon frère ne se possédait pas, tant il était aise de se voir traiter si honorablement.
«Après cette cérémonie, la jeune dame commanda aux esclaves qui avaient déjà joué des instruments et chanté, de recommencer leurs concerts. Elles obéirent, et pendant ce temps-là, la dame appela une autre esclave et lui ordonna d'emmener mon frère avec elle en lui disant: «Faites-lui ce que vous savez, et quand vous aurez achevé, ramenez-le-moi.» Bakbarah, qui entendit cet ordre, se leva promptement, et s'approchant de la vieille, qui s'était aussi levée pour accompagner l'esclave et lui, il la pria de lui dire ce qu'on lui voulait faire.» C'est que notre maîtresse est curieuse, lui répondit tout bas la vieille; elle souhaite de voir comment vous seriez fait déguisé en femme; et cette esclave, qui a ordre de vous mener avec elle, va vous peindre les sourcils, vous raser les moustaches et vous habiller en femme. - On peut me peindre les sourcils tant qu'on voudra, répliqua mon frère, j'y consens, parce que je pourrai me laver ensuite; mais pour me faire raser, vous voyez bien que je ne le dois pas souffrir: comment oserais-je paraître, après cela, sans moustaches? - Gardez-vous de vous opposer à ce que l'on exige de vous, reprit la vieille, vous gâteriez vos affaires, qui vont le mieux du monde. On vous aime, on veut vous rendre heureux; faut-il pour une vilaine moustache renoncer aux plus délicieuses faveurs qu'un homme puisse obtenir?» Bakbarah se rendit aux raisons de la vieille, et, sans dire un seul mot, se laissa conduire par l'esclave dans une chambre, où on lui peignit les sourcils de rouge. On lui rasa la moustache, et l'on se mit en devoir de lui raser aussi la barbe. La docilité de mon frère ne put aller jusque là. «Oh! pour ce qui est de ma barbe, s'écria-t-il, je ne souffrirai point absolument qu'on me la coupe.» L'esclave lui représenta qu'il était inutile de lui avoir ôté sa moustache, s'il ne voulait pas consentir qu'on lui rasât la barbe; qu'un visage barbu ne convenait pas avec un habillement de femme, et qu'elle s'étonnait qu'un homme qui était sur le point de posséder la plus belle personne de Bagdad, fît quelque attention à sa barbe. La vieille ajouta au discours de l'esclave de nouvelles raisons. Elle menaça mon frère de la disgrâce de la jeune dame. Enfin, elle lui dit tant de choses qu'il se laissa faire tout ce qu'on voulut.
«Lorsqu'il fut habillé en femme, on le ramena devant la jeune dame, qui se prit si fort à rire en le voyant, qu'elle se renversa sur le sofa où elle était assise. Les esclaves en firent autant en frappant des mains, si bien que mon frère demeura fort embarrassé de sa contenance. La jeune dame se releva, et, sans cesser de rire, lui dit: «Après la complaisance que vous avez eue pour moi, j'aurais tort de ne vous pas aimer de tout mon coeur; mais il faut que vous fassiez encore une chose pour l'amour de moi, c'est de danser comme vous voilà.» Il obéit, et la jeune dame et ses esclaves dansèrent avec lui en riant comme des folles. Après qu'elles eurent dansé quelque temps, elles se jetèrent toutes sur le misérable, et lui donnèrent tant de soufflets, tant de coups de poing et de coups de pied, qu'il en tomba par terre presque hors de lui-même. La vieille lui aida à se relever, et pour ne pas lui donner le temps de se fâcher du mauvais traitement qu'on venait de lui faire: «Consolez-vous, lui dit-elle à l'oreille, vous êtes enfin arrivé au bout de vos souffrances, et vous allez en recevoir le prix.»
Le jour, qui paraissait déjà, imposa silence en cet endroit à la sultane Scheherazade. Elle poursuivit ainsi la nuit suivante.
Story DNA
Moral
Be cautious of those who ask for excessive compliance, as it may lead to humiliation and harm.
Themes
Characters
Bakbarah
la jeune dame
la vieille
Scheherazade
le barbier
Locations
Grand salon de la jeune dame
Un vaste salon de demeure citadine à Bagdad, avec un sofa bas où la jeune dame est assise, des esclaves disposées autour d'elle, et un espace réservé aux jeux, aux caresses moqueuses et aux concerts. L'intérieur évoque le luxe abbasside avec des étoffes riches, des coussins brodés, des plateaux d'argent et des parfums précieux.
Mood: Voluptueux, théâtral et cruel sous une apparente élégance
Bakbarah y est accueilli, parfumé à l'aloès et à l'eau de rose, puis tourné en ridicule par la dame et ses esclaves.
Chambre de toilette
Une chambre plus retirée où l'on prépare Bakbarah à être déguisé en femme, avec les accessoires de toilette et de rasage nécessaires. L'espace est fonctionnel mais reste raffiné, conforme à une maison aisée de Bagdad.
Mood: Intime, humiliant et contraint
Bakbarah y a les sourcils peints, la moustache et la barbe rasées, puis y est habillé en femme malgré ses protestations.
Espace de danse du salon
La partie dégagée du salon où la dame, ses esclaves et Bakbarah déguisé dansent avant que la scène ne tourne à la violence. C'est le même lieu principal, mais transformé par le mouvement, le rire collectif et la brutalité.
Mood: Frénétique, moqueur et menaçant
Bakbarah, vêtu en femme, y danse sous les rires avant d'être roué de coups par la dame et ses esclaves.
Maison au point du jour
L'ensemble de la demeure vu à l'instant où le jour commence à paraître, lorsque la nuit de fête et de cruauté touche à sa fin. La lumière de l'aube commence à pénétrer un intérieur encore saturé des traces de la nuit.
Mood: Épuisé, suspendu et presque irréel après l'excès nocturne
L'apparition du jour met fin à la scène et suspend le récit au seuil de la nuit suivante.