LIII NUIT
by Unknown · from Les mille et une nuits - Tome premier
Adapted Version
Once there was a young king. His name was Prince Agib. He had a big, beautiful land. But he made a big mistake.
Prince Agib told his story. He said, "My bad luck was my fault. I made a bad choice. It was my own doing."
Prince Agib had a rich land. He visited his lands. He visited many islands. He loved to sail ships. He sailed his ships often. He liked the sea very much.
Prince Agib wanted new places far away. He got many ships. He wanted to find new places. He sailed his ships. He went to explore.
They sailed for many days. The sea was calm. Then a big storm came. The wind was very strong. The storm made the ships lost. They did not know where to go.
A sailor looked out. He saw a big black thing. It was far away. The Captain saw it too. It made the Captain scared.
The Captain cried. He said, "It is the black mountain. It is a magic mountain. It pulls all the metal. It pulls metal from ships. Our ships will break. Our ships will go down."
The Captain said, "Many old broken ships were there. They were on the mountain. A big metal man was on top. This man makes ships break. It is a bad magic."
All the sailors were very scared. They knew bad things would happen. They cried. Prince Agib was scared too.
It was noon. The magic mountain pulled hard. All the metal flew off the ships. There was a loud noise. The ships broke into many pieces. They went down into the sea.
All the men went into the water. They did not come back. Prince Agib held a piece of wood. The wood took him to the mountain. He saw steps there. He climbed up the steps.
Prince Agib was very sad. He learned a big lesson that day. Always be careful! Think before you go.
Original Story
LIII NUIT.
Sur la fin de la nuit suivante, Dinarzade adressa ces paroles à la sultane: Ma chère soeur, si vous ne dormez pas, je vous prie, en attendant le jour, qui paraîtra bientôt, de me raconter quelqu'un de ces beaux contes que vous savez. - Je voudrais bien, dit alors Schahriar, entendre l'histoire du troisième calender. - Sire, répondit Scheherazade, vous allez être obéi. Le troisième calender, ajouta-t-elle, voyant que c'était à lui à parler, s'adressant comme les autres à Zobéide, commença son histoire de cette manière:
HISTOIRE DU TROISIÈME CALENDER, FILS DE ROI. «Très-honorable dame, ce que j'ai à vous raconter est bien différent de ce que vous venez d'entendre. Les deux princes qui ont parlé avant moi ont perdu chacun un oeil par un pur effet de leur destinée, et moi je n'ai perdu le mien que par ma faute, qu'en prévenant moi-même et cherchant mon propre malheur, comme vous l'apprendrez par la suite de mon discours.
«Je m'appelle Agib[32], et suis fils d'un roi qui se nommait Cassib. Après sa mort, je pris possession de ses états, et établis mon séjour dans la même ville où il avait demeuré. Cette ville est située sur le bord de la mer. Elle a un port des plus beaux et des plus sûrs, avec un arsenal assez grand pour fournir à l'armement de cent cinquante vaisseaux de guerre toujours prêts à servir dans l'occasion; pour en équiper cinquante en marchandise et autant de petites frégates légères pour les promenades et les divertissements sur l'eau. Plusieurs belles provinces composaient mon royaume en terre ferme, avec un grand nombre d'îles considérables, presque toutes situées à la vue de ma capitale.
«Je visitai premièrement les provinces; je fis ensuite armer et équiper toute ma flotte, et j'allai descendre dans mes îles pour me concilier, par ma présence, le coeur de mes sujets et les affermir dans le devoir. Quelque temps après que j'en fus revenu, j'y retournai, et ces voyages, en me donnant quelque teinture de la navigation, m'y firent prendre tant de goût que je résolus d'aller faire des découvertes au delà de mes îles. Pour cet effet je fis équiper dix vaisseaux seulement, je m'embarquai, et nous mîmes à la voile.
«Notre navigation fut heureuse pendant quarante jours de suite; mais la nuit du quarante-unième, le vent devint contraire et même si furieux, que nous fûmes battus d'une tempête violente qui pensa nous submerger. Néanmoins, à la pointe du jour, le vent s'apaisa, les nuages se dissipèrent, et le soleil ayant ramené le beau temps, nous abordâmes à une île, où nous nous arrêtâmes deux jours à prendre des rafraîchissements. Cela étant fait, nous nous remîmes en mer. Après dix jours de navigation, nous commencions à espérer de voir terre, car la tempête que nous avions essuyée m'avait détourné de mon dessein, et j'avais fait prendre la route de mes états, lorsque je m'aperçus que mon pilote ne savait où nous étions. Effectivement, le dixième jour un matelot, commandé pour faire la découverte au haut du grand mât, rapporta qu'à la droite et à la gauche il n'avait vu que le ciel et la mer qui bornassent l'horizon; mais que devant lui, du côté où nous avions la proue, il avait remarqué une grande noirceur.
«Le pilote changea de couleur à ce récit, jeta d'une main son turban sur le tillac, et de l'autre se frappant le visage: «Ah! sire, s'écria-t-il, nous sommes perdus! Personne de nous ne peut échapper au danger où nous nous trouvons, et avec toute mon expérience, il n'est pas en mon pouvoir de nous en garantir.» En disant ces paroles il se mit à pleurer comme un homme qui croyait sa perte inévitable, et son désespoir jeta l'épouvante dans tout le vaisseau. Je lui demandai quelle raison il avait de se désespérer ainsi. «Hélas! sire, me répond-il, la tempête que nous avons essuyée nous a tellement égarés de notre route, que demain, à midi, nous nous trouverons près de cette noirceur, qui n'est autre chose que la montagne noire; et cette montagne noire est une mine d'aimant qui, dès à présent, attire toute votre flotte, à cause des clous et des ferrements qui entrent dans la structure des vaisseaux. Lorsque nous en serons demain à une certaine distance, la force de l'aimant sera si violente que tous les clous se détacheront et iront se coller contre la montagne: vos vaisseaux se dissoudront et seront submergés. Comme l'aimant a la vertu d'attirer le fer à soi et de se fortifier par cette attraction, cette montagne, du côté de la mer, est couverte des clous d'une infinité de vaisseaux qu'elle a fait périr, ce qui conserve et augmente en même temps cette vertu[33].
«Cette montagne, poursuivit le pilote, est très-escarpée, et au sommet il y a un dôme de bronze fin, soutenu de colonnes de même métal; au haut du dôme paraît un cheval aussi de bronze, sur lequel est un cavalier qui a la poitrine couverte d'une plaque de plomb, sur laquelle sont gravés des caractères talismaniques. La tradition, sire, est que cette statue est la cause principale de la perte de tant de vaisseaux et de tant d'hommes qui ont été submergés en cet endroit, et qu'elle ne cessera d'être funeste à tous ceux qui auront le malheur d'en approcher, jusqu'à ce qu'elle soit renversée.»
«Le pilote ayant tenu ce discours, se remit à pleurer, et ses larmes excitèrent celles de tout l'équipage. Je ne doutai pas moi- même que je ne fusse arrivé à la fin de mes jours. Chacun, toutefois, ne laissa pas de songer à sa conservation et de prendre pour cela toutes les mesures possibles. Et dans l'incertitude de l'événement, ils se firent tous héritiers les uns des autres par un testament en faveur de ceux qui se sauveraient.
«Le lendemain matin nous aperçûmes à découvert la montagne noire, et l'idée que nous en avions conçue nous la fit paraître plus affreuse qu'elle n'était. Sur le midi nous nous en trouvâmes si près que nous éprouvâmes ce que le pilote nous avait prédit. Nous vîmes voler les clous et tous les autres ferrements de la flotte vers la montagne, où, par la violence de l'attraction, ils se collèrent avec un bruit horrible. Les vaisseaux s'entr'ouvrirent et s'abîmèrent dans le fond de la mer, qui était si haute en cet endroit, qu'avec la sonde nous n'aurions pu en découvrir la profondeur. Tous mes gens furent noyés; mais Dieu eut pitié de moi et permit que je me sauvasse en me saisissant d'une planche qui fut poussée par le vent droit au pied de la montagne. Je ne me fis pas le moindre mal, mon bonheur m'ayant fait aborder dans un endroit où il y avait des degrés pour monter au sommet.»
Scheherazade voulait poursuivre ce conte; mais le jour, qui vint à paraître, lui imposa silence. Le sultan jugea bien par le commencement que la sultane ne l'avait pas trompé. Ainsi, il n'y a pas lieu de s'étonner s'il ne la fit pas encore mourir ce jour-là.
Story DNA
Moral
One's own actions and choices can lead to misfortune, even when destiny plays a part.
Plot Summary
Prince Agib, the Third Calender, recounts how his own curiosity led to his misfortune. After inheriting his father's kingdom, he develops a passion for navigation and embarks on a voyage of discovery. His fleet is caught in a storm, leading them to the fabled Black Mountain, a magnetic peak that strips ships of their iron. Despite his pilot's desperate warnings about the mountain's power and a talismanic statue on its summit, Agib's fleet is destroyed, and all his men drown. Agib miraculously survives by clinging to a plank and is carried to the mountain's base, finding steps to ascend.
Themes
Emotional Arc
confidence to despair to miraculous survival
Writing Style
Narrative Elements
Cultural Context
Part of The Arabian Nights (One Thousand and One Nights), a collection of Middle Eastern and South Asian stories compiled during the Islamic Golden Age. The frame story of Scheherazade telling tales to King Shahriar is central.
Plot Beats (11)
- Dinarzade asks Scheherazade for a story, and King Shahriar requests the Third Calender's tale.
- The Third Calender, Prince Agib, begins his story, stating his misfortune was his own fault, unlike the previous two princes.
- Agib describes his prosperous kingdom, his initial tours of his provinces and islands, and his growing love for navigation.
- Driven by curiosity, Agib equips ten ships and sets sail to explore beyond his known territories.
- After 40 days of smooth sailing, a violent storm disorients the fleet, forcing them off course.
- Ten days later, a lookout spots a 'great blackness' on the horizon, alarming the pilot.
- The pilot reveals the blackness is the magnetic Black Mountain, which will attract all iron from their ships, causing them to sink.
- He further explains the mountain is covered in iron from past wrecks and has a bronze dome and a talismanic horseman statue at its summit, which is the cause of the destruction.
- The crew is filled with despair, making their last wills as they approach the inevitable doom.
- At midday, the mountain's magnetic force rips all the iron from the ships with a horrible noise, causing them to break apart and sink.
- All of Agib's men drown, but he survives by clinging to a plank that carries him to the base of the mountain, where he finds steps.
Characters
Dinarzade
Slender build, likely of Middle Eastern descent with smooth, olive-toned skin. Her exact height is not specified but she is likely of average height for a woman of her region.
Attire: Richly embroidered silk robes in deep jewel tones, possibly a loose-fitting caftan or a fitted dress with flowing sleeves, adorned with gold thread and small pearls. She would wear delicate gold jewelry, such as bracelets and earrings.
Wants: To keep her sister, Scheherazade, alive by prompting her to tell stories, and to entertain herself during the long nights.
Flaw: Her reliance on Scheherazade's storytelling for her own safety and the sultan's entertainment.
Her role is consistent throughout the nights, acting as the catalyst for Scheherazade's storytelling.
Caring, attentive, curious, and loyal. She genuinely cares for her sister's well-being and is eager to hear her stories.
Scheherazade
Likely of Middle Eastern descent, with a graceful and poised demeanor. Her build would be elegant, not frail, reflecting her mental fortitude. Her height is not specified but she would carry herself with dignity.
Attire: Exquisite, flowing silk robes in rich, deep colors like sapphire or ruby, adorned with intricate gold embroidery and possibly precious stones. Her attire would be modest yet opulent, reflecting her royal status and the cultural context of the Arabian Nights.
Wants: To survive the sultan's decree, to save the women of the kingdom, and to ultimately cure the sultan of his madness.
Flaw: Her life is constantly at risk, dependent on her ability to captivate the sultan with her tales.
She begins as a woman facing certain death, using her wit to survive. Over many nights, she aims to transform the sultan's heart and mind through her stories.
Intelligent, resourceful, courageous, eloquent, and determined. She uses her wit and storytelling to survive.
Schahriar
A powerful Middle Eastern ruler, likely with a strong, imposing build. His height would be above average, commanding presence. His skin tone would be olive, typical of the region.
Attire: Opulent royal attire: a richly embroidered silk thobe or caftan in deep, regal colors like crimson or purple, possibly layered with a brocade vest. He would wear a jeweled turban, and significant gold and gemstone jewelry, such as rings and a heavy necklace.
Wants: To prevent future betrayal by women, leading him to execute a new wife each morning. He is also driven by a desire for entertainment and distraction from his inner turmoil.
Flaw: His deep-seated trauma and mistrust of women, which drives his cruel decree. His susceptibility to captivating stories is also a weakness he is unaware of.
He begins as a tyrannical ruler driven by vengeance. Through Scheherazade's stories, he is slowly drawn out of his cynicism and cruelty, eventually finding healing and trust.
Initially cruel, cynical, and distrustful due to past betrayal, but also capable of curiosity and eventually, compassion. He is a man of immense power.
Agib
A young king of Middle Eastern descent, likely with a fit and adventurous build from his travels. His height would be noble, commanding respect. His skin tone would be olive.
Attire: Initially, royal attire befitting a king: fine silk robes, possibly a tunic and trousers, with gold embroidery. Later, more practical but still high-quality garments suitable for sea travel, perhaps a simpler linen tunic and trousers, but still indicating his noble status.
Wants: To explore beyond his known kingdom, driven by a thirst for discovery and a love for navigation.
Flaw: His impulsiveness and overconfidence, which lead him into dangerous situations and ultimately to the loss of his eye.
He begins as a prosperous, adventurous king who loses everything due to his own choices. His story is one of survival and regret, leading to his current state as a Calender.
Adventurous, curious, somewhat reckless, and ultimately regretful. He is a natural leader but prone to making mistakes due to his impulsiveness.
The Pilot
An experienced seaman, likely with a weathered and sturdy build from years at sea. His skin would be tanned and leathery from sun and wind exposure. His height would be average.
Attire: Practical sailor's attire: a sturdy linen tunic, loose trousers, and possibly a simple vest. His clothing would be functional, in muted colors like brown, grey, or dark blue, showing signs of wear from his profession.
Wants: To safely navigate his ship and crew, and to warn his king of impending dangers.
Flaw: His despair and fatalism when confronted with forces beyond his control, like the magnetic mountain.
He serves as a harbinger of doom, accurately predicting the fate of the fleet. He does not survive the shipwreck.
Experienced, knowledgeable, superstitious, and prone to despair when facing insurmountable odds. He is deeply aware of the dangers of the sea.
Locations
King Agib's Capital City and Port
A bustling city situated on the edge of the sea, featuring a beautiful and safe port. The port houses a large arsenal capable of equipping 150 warships, 50 merchant vessels, and 50 light frigates for leisure. The city is the capital of a kingdom comprising several beautiful mainland provinces and numerous islands, many visible from the capital.
Mood: Prosperous, active, strategic, a hub of trade and naval power.
King Agib establishes his reign here, builds his fleet, and develops a passion for navigation, leading to his fateful voyage.
The Black Mountain of Magnetism
A formidable, very steep black mountain, appearing as a 'great blackness' on the horizon. Its entire sea-facing side is covered with the iron nails and fittings of countless ships it has destroyed. At its summit stands a fine bronze dome supported by bronze columns, topped by a bronze horse and rider. The rider's chest is covered with a lead plaque engraved with talismanic characters.
Mood: Eerie, perilous, desolate, foreboding, a place of inevitable doom and ancient, malevolent magic.
King Agib's fleet is destroyed here by the mountain's magnetic force, and he is the sole survivor, washed ashore at its base.