XXIV NUIT
by Unknown · from Les mille et une nuits - Tome premier
Adapted Version
Once upon a time, in a bright, happy land, lived King Leo and Queen Luna.
King Leo felt lonely. Queen Luna went to a secret garden. She spent much time there. King Leo did not know why. He did not know what it was. He felt sad. He felt a little cross.
Queen Luna built a Secret Healing Garden. It was a pretty place. It was a safe, warm place. She brought her Quiet Friend there. The friend was not well. The friend needed much care.
Queen Luna used gentle magic. She cared for her Quiet Friend. The friend was very still. It needed much rest. It needed much calm. Only its eyes moved. Its eyes showed it was awake.
King Leo watched Queen Luna. She went to her garden each day. He felt left out. He saw her talk softly. She talked to someone there. He could not quite see who. He wanted to know her secret.
King Leo felt very sad. He felt a little cross. He went to the Secret Garden. "Why are you here so much?" he asked. "Stop this secret project." He wanted her to be with him. Queen Luna did not stop.
King Leo waited a long time. He grew very impatient. He heard Queen Luna talk. She talked to her special friend. She said she cared much. King Leo did not understand. He did not try to listen well.
King Leo felt very frustrated. He ran into the garden. He said angry words. "Your secret friend!" he shouted. He did not look. He bumped a magic plant. A small bottle fell down. It made a loud sound.
Queen Luna felt very sad. She was a little cross. King Leo broke her magic. "My friend is delicate," she said. "It needs quiet. You made a big noise. You did not ask me."
Then a magic accident happened! King Leo felt very stiff. He could not move well. He turned half into a statue. It was a magic mistake. Queen Luna was surprised. She was very sad for him.
King Leo learned a big lesson. It is good to talk. It is good to understand. Do not be cross. Do not rush things. Queen Luna still cared for her Quiet Friend. Maybe she could help King Leo too.
Original Story
XXIV NUIT.
Effectivement, Dinarzade, comme elle se l'était proposé, appela de très-bonne heure la sultane: Ma chère soeur, lui dit-elle, si vous ne dormez pas, je vous supplie de nous achever l'agréable histoire du roi des Îles Noires; je meurs d'impatience de savoir comment il fut changé en marbre. - Vous l'allez apprendre, répondit Scheherazade, avec la permission du sultan.
«Je trouvai donc la reine couchée auprès de moi, continua le roi des quatre Îles Noires. Je ne vous dirai point si elle dormait ou non; mais je me levai sans faire de bruit, et je passai dans mon cabinet, où j'achevai de m'habiller. J'allai ensuite tenir mon conseil, et, à mon retour, la reine, habillée de deuil, les cheveux épars et en partie arrachés, vint se présenter devant moi: «Sire, me dit-elle, je viens supplier votre majesté de ne pas trouver étrange que je sois dans l'état où je suis: trois nouvelles affligeantes que je viens de recevoir en même temps, sont la juste cause de la vive douleur dont vous ne voyez que les faibles marques. - Et quelles sont ces nouvelles, madame? lui dis- je. - La mort de la reine ma chère mère, me répondit-elle, celle du roi mon père, tué dans une bataille, et celle d'un de mes frères, qui est tombé dans un précipice.»
«Je ne fus pas fâché qu'elle prît ce prétexte pour cacher le véritable sujet de son affliction, et je jugeai qu'elle ne me soupçonnait pas d'avoir tué son amant: «Madame, lui dis-je, loin de blâmer votre douleur, je vous assure que j'y prends toute la part que je dois. Je serais extrêmement surpris que vous fussiez insensible à la perte que vous avez faite. Pleurez; vos larmes sont d'infaillibles marques de votre excellent naturel. J'espère néanmoins que le temps et la raison pourront apporter de la modération à vos déplaisirs.»
«Elle se retira dans son appartement, où, se livrant sans réserve à ses chagrins, elle passa une année entière à pleurer et à s'affliger. Au bout de ce temps-là, elle me demanda la permission de faire bâtir le lieu de sa sépulture dans l'enceinte du palais, où elle voulait, disait-elle, demeurer jusqu'à la fin de ses jours. Je le lui permis, et elle fit bâtir un palais superbe, avec un dôme qu'on peut voir d'ici, et elle l'appela le Palais des Larmes.
«Quand il fut achevé, elle y fit porter son amant, qu'elle avait fait transporter où elle avait jugé à propos, la même nuit que je l'avais blessé. Elle l'avait empêché de mourir jusqu'alors par des breuvages qu'elle lui avait fait prendre, et elle continua de lui en donner et de les lui porter elle-même tous les jours, dès qu'il fut au Palais des Larmes.
«Cependant, avec tous ses enchantements, elle ne pouvait guérir ce malheureux: il était non-seulement hors d'état de marcher et de se soutenir, mais il avait encore perdu l'usage de la parole, et il ne donnait aucun signe de vie que par ses regards. Quoique la reine n'eût que la consolation de le voir et de lui dire tout ce que son fol amour pouvait lui inspirer de plus tendre et de plus passionné, elle ne laissait pas de lui rendre chaque jour deux visites assez longues. J'étais bien informé de tout cela, mais je feignais de l'ignorer.
«Un jour j'allai par curiosité au Palais des Larmes, pour savoir quelle y était l'occupation de cette princesse, et, d'un endroit où je ne pouvais être vu, je l'entendis parler dans ces termes à son amant: «Je suis dans la dernière affliction de vous voir en l'état où vous êtes; je ne sens pas moins vivement que vous-même les maux cuisants que vous souffrez; mais, chère âme, je vous parle toujours, et vous ne me répondez pas. Jusques à quand garderez-vous le silence? Dites un mot seulement. Hélas! les plus doux moments de ma vie sont ceux que je passe ici à partager vos douleurs. Je ne puis vivre éloignée de vous, et je préférerais le plaisir de vous voir sans cesse à l'empire de l'univers.»
«À ce discours, qui fut plus d'une fois interrompu par ses soupirs et ses sanglots, je perdis enfin patience: je me montrai, et m'approchant d'elle: «Madame, lui dis-je, c'est assez pleurer; il est temps de mettre fin à une douleur qui nous déshonore tous deux; c'est trop oublier ce que vous me devez et ce que vous vous devez à vous-même. - Sire, me répondit-elle, s'il vous reste quelque considération, ou plutôt quelque complaisance pour moi, je vous supplie de ne me pas contraindre. Laissez-moi m'abandonner à mes chagrins mortels; il est impossible que le temps les diminue.»
«Quand je vis que mes discours, au lieu de la faire rentrer dans son devoir, ne servaient qu'à irriter sa fureur, je cessai de lui parler, et me retirai. Elle continua de visiter tous les jours son amant, et durant deux années entières elle ne fit que se désespérer.
«J'allai une seconde fois au Palais des Larmes pendant qu'elle y était. Je me cachai encore, et j'entendis qu'elle disait à son amant: «Il y a trois ans que vous ne m'avez dit une seule parole, et que vous ne répondez point aux marques d'amour que je vous donne par mes discours et mes gémissements; est-ce par insensibilité ou par mépris? Ô tombeau! aurais-tu détruit cet excès de tendresse qu'il avait pour moi? aurais-tu fermé ces yeux qui me montraient tant d'amour et qui faisaient toute ma joie? Non, non, je n'en crois rien. Dis-moi plutôt par quel miracle tu es devenu le dépositaire du plus rare trésor qui fut jamais.»
«Je vous avoue, seigneur, que je fus indigné de ces paroles: car enfin, cet amant chéri, ce mortel adoré, n'était pas tel que vous pourriez vous l'imaginer: c'était un Indien noir, originaire de ces pays. Je fus, dis-je, tellement indigné de ce discours, que je me montrai brusquement; et apostrophant le même tombeau, à mon tour: «Ô tombeau! m'écriai-je, que n'engloutis-tu ce monstre qui fait horreur à la nature! ou plutôt, que ne consumes-tu l'amant et la maîtresse!»
«J'eus à peine achevé ces mots, que la reine, qui était assise auprès du noir, se leva comme une furie: «Ah! cruel, me dit-elle, c'est toi qui causes ma douleur. Ne pense pas que je l'ignore, je ne l'ai que trop longtemps dissimulé: c'est ta barbare main qui a mis l'objet de mon amour dans l'état pitoyable où il est; et tu as la dureté de venir insulter une amante au désespoir! - Oui, c'est moi, interrompis-je, transporté de colère, c'est moi qui ai châtié ce monstre comme il le méritait; je devais te traiter de la même manière; je me repens de ne l'avoir pas fait, et il y a trop longtemps que tu abuses de ma bonté.» En disant cela je tirai mon sabre et je levai le bras pour la punir. Mais regardant tranquillement mon action: «Modère ton courroux,» me dit-elle avec un sourire moqueur. En même temps elle prononça des paroles que je n'entendis point, et puis elle ajouta: «Par la vertu de mes enchantements, je te commande de devenir tout à l'heure moitié marbre et moitié homme.» Aussitôt, seigneur, je devins tel que vous me voyez, déjà mort parmi les vivants, et vivant parmi les morts…»
Scheherazade, en cet endroit, ayant remarqué qu'il était jour, cessa de poursuivre son conte.
Ma chère soeur, dit alors Dinarzade, je suis bien obligée au sultan; c'est à sa bonté que je dois l'extrême plaisir que je prends à vous écouter. - Ma soeur, lui répondit la sultane, si cette même bonté veut bien encore me laisser vivre jusqu'à demain, vous entendrez des choses qui ne vous feront pas moins de plaisir que celles que je viens de vous raconter. Quand Schahriar n'aurait pas résolu de différer d'un mois la mort de Scheherazade, il ne l'aurait pas fait mourir ce jour-là.
Story DNA
Plot Summary
The King of the Black Isles discovers his Queen's infidelity and wounds her lover. The Queen, feigning grief, builds a 'Palace of Tears' where she magically sustains her paralyzed lover for years. The King secretly observes her obsessive devotion. When he finally confronts her, insulting her and her lover, the Queen, a powerful sorceress, retaliates by transforming him into half marble and half man, a living punishment for his actions. This story is part of Scheherazade's ongoing narrative to Sultan Schahriar.
Themes
Emotional Arc
anger to despair
Writing Style
Narrative Elements
Cultural Context
Part of the larger 'One Thousand and One Nights' collection, reflecting medieval Middle Eastern storytelling traditions.
Plot Beats (13)
- Dinarzade asks Scheherazade to continue the story of the King of the Black Isles.
- The King of the Black Isles recounts finding his Queen with her lover, wounding the lover, and then confronting his Queen.
- The Queen, dressed in mourning, invents a story about the death of her parents and brother to explain her sorrow.
- The King pretends to believe her, allowing her to grieve for a year.
- The Queen requests permission to build a sepulchre, which becomes the 'Palace of Tears', where she moves her wounded lover.
- The Queen uses magic potions to keep her lover alive, though he is paralyzed and mute, only showing life through his eyes.
- The King secretly observes the Queen's daily visits and passionate monologues to her lover.
- After some time, the King confronts the Queen in the Palace of Tears, urging her to end her dishonorable grief, but she refuses.
- Two years later, the King again spies on the Queen, hearing her lament her lover's silence and express her undying love for him, revealing he is a 'black Indian'.
- Enraged by her devotion to the 'monster', the King reveals himself and curses both the Queen and her lover.
- The Queen, furious, acknowledges the King's role in her lover's condition and mocks his anger.
- The Queen pronounces an enchantment, transforming the King into half marble and half man.
- Scheherazade stops her story as day breaks, promising more if allowed to live.
Characters
Dinarzade
Slender build, likely of Middle Eastern descent, with delicate features. Her exact height and build are not specified but she is presented as a younger sister.
Attire: Finely woven silk robes in rich, jewel tones, possibly embroidered with gold thread, indicative of her royal status as a princess in an Arabian court. She would wear light, comfortable attire suitable for a bedchamber.
Wants: To hear captivating stories and to prolong her sister Scheherazade's life.
Flaw: Her impatience and reliance on Scheherazade for entertainment.
Remains consistent throughout the narrative as the appreciative audience member.
Curious, eager, appreciative, and somewhat impatient when it comes to stories. She genuinely enjoys Scheherazade's tales.
Scheherazade
Elegant and poised, likely of Middle Eastern descent, with a serene and intelligent demeanor. Her exact height and build are not specified but she is presented as a woman of considerable grace.
Attire: Luxurious, flowing silk robes in rich, deep colors, perhaps with intricate patterns or embroidery, befitting a sultana in an Arabian court. Her attire would be modest yet opulent.
Wants: To survive the Sultan's decree by telling engaging stories, and to ultimately change his heart.
Flaw: Her life is constantly at risk, dependent on the Sultan's whim.
Her arc is ongoing across the larger 'One Thousand and One Nights' narrative, but within this excerpt, she continues to demonstrate her skill and resilience.
Intelligent, resourceful, courageous, captivating, and empathetic. She uses her wit to survive and entertain.
Sultan Schahriar
Powerful and imposing, likely of Middle Eastern descent, with a commanding presence. His exact height and build are not specified but he is a ruler.
Attire: Opulent royal attire, such as a richly embroidered silk caftan or thobe in deep reds or purples, with a jeweled turban. He would wear a wide sash and possibly a dagger at his side.
Wants: To overcome his previous trauma by executing a new wife each day, but also to be entertained and perhaps find a reason to live differently.
Flaw: His initial cruelty and mistrust of women, born from past betrayal.
Within this excerpt, he shows a continued willingness to spare Scheherazade, indicating a softening of his heart, deferring her death.
Initially cruel and vengeful, but also curious and appreciative of beauty and skill. He is capable of being swayed by compelling narratives.
King of the Black Isles
Once a robust and handsome man, now half-marble, half-human. The human half would show signs of his former strength, but also the despair of his current state. His skin tone would be consistent with a Middle Eastern or North African origin.
Attire: His remaining human half would be clad in tattered remnants of what was once royal attire, perhaps a silk tunic or robes, now faded and torn, reflecting his long suffering and imprisonment. The marble half would be part of his body, not clothed.
Wants: To punish his unfaithful wife and her lover, and now, to be freed from his magical imprisonment.
Flaw: His quick temper, jealousy, and inability to control his wife's magic.
Transformed from a living, vengeful king into a cursed, half-marble figure, living in perpetual torment.
Initially proud and vengeful, leading to his downfall. Now filled with despair, regret, and a longing for release.
The Queen (of the Black Isles)
Beautiful and captivating, but with a fierce and vengeful demeanor. Her physical appearance would be consistent with a Middle Eastern or North African origin, perhaps with striking features.
Attire: Initially, she would wear luxurious royal attire. When feigning mourning, she wears black, simple garments. When revealing her true nature, her clothing might be more dramatic, perhaps dark silks or velvets, possibly with subtle magical symbols.
Wants: To protect and preserve her lover, and to punish her husband for harming him.
Flaw: Her overwhelming, 'fol amour' for her lover, which blinds her to reason and fuels her cruelty.
Revealed as a powerful and vengeful sorceress who curses her husband for harming her lover.
Deceptive, vengeful, passionate, and powerful. She is deeply devoted to her lover and ruthless towards those who cross her.
The Black Indian
Described as 'un Indien noir', indicating dark skin. He is severely wounded and incapacitated, unable to move or speak. His body would be emaciated from his long illness.
Attire: Likely dressed in simple, comfortable garments suitable for an invalid, perhaps a plain linen tunic, or just wrapped in blankets.
Wants: Not applicable in his current state.
Flaw: His severe injury, which leaves him entirely dependent on the Queen's magic.
Remains in a state of living death, a constant reminder of the Queen's love and the King's rage.
His personality is not shown in his current state, as he is incapacitated. His past actions imply he was the Queen's lover.
Locations
King's Private Cabinet
A private room within the king's palace where he dresses and conducts official business.
Mood: formal, private
The king prepares for his council meeting after discovering his wife's infidelity, feigning ignorance.
Queen's Apartment
The private living quarters of the queen, where she retreats to mourn and grieve.
Mood: somber, sorrowful, private
The queen retreats here to mourn for an entire year, feigning sorrow for her family while truly grieving her wounded lover.
The Palace of Tears
A superb palace with a visible dome, built within the palace grounds by the queen as a sepulchre for her lover. It serves as a secret sanctuary where she tends to him.
Mood: eerie, sorrowful, secretly magical, tense
The queen tends to her wounded lover here for years. The king secretly observes her, leading to a confrontation where the queen transforms him into half-marble.