TABLETTES

by Unknown · from Vie privée et publique des animaux

fairy tale satire satirical Ages all ages 3082 words 14 min read
Cover: TABLETTES

Adapted Version

CEFR A1 Age 5 407 words 2 min Canon 100/100

Hello, my dear friend Gus! It is Gigi. I am writing to you from Paris. I am in a big zoo here. This zoo is very big. Many people come to see me. I miss you so much. I think of you every day. I am so happy. You will come to visit me soon! We will be together again. The clever people here said so. They want us to be together. They want to watch us. They want to learn about giraffes. It will be fun.

I had a very long trip. It was on a big boat. The boat went over the water. The water was very wide. I was in a big box. It was dark in the box. I felt a little scared. But I knew I would be safe. Now I am here in Paris. I am not scared now. You will come on a boat too. You will not be alone. I will be here for you. We will play together. I will not be lonely. You will make me happy.

The weather here is different. It is not like our desert home. The people here are funny. They have short necks. Their bodies are small. They walk on two legs. They wear many clothes. Their habits are strange. They make many noises. They talk with loud sounds. They talk very much. But they do not always understand. Sometimes they shout. Our giraffe sounds are simple. We understand each other well.

Humans have big meetings. They talk about rules. They talk about leaders. It is very noisy. Everyone talks loudly. They do not agree. It is confusing for me. I watched one meeting. It was very loud. People waved their hands. They talked over each other. I could not understand them. It was just noise. I heard two humans talk. Mr. Long-Words said, 'The big idea is very wobbly and strange.' Ms. Fancy-Talk said, 'Yes, the whole plan needs new thinking.' They used many silly words. They did not make sense. They looked confused too. It was very funny.

I miss our sounds. I miss our home. I miss your happy sounds. I want to hear them again. Our sounds are simple. They are clear. They make me happy. My kind friend Mr. Charles helps me. He writes my words for me. He understands animal sounds. He is a good human. I am waiting for you. Come quickly, my dear Gus.

Original Story 3082 words · 14 min read

TABLETTES

DE LA GIRAFE

DU JARDIN DES PLANTES

LETTRE A SON AMANT AU DÉSERT.

Graces soient rendues mille fois au dieu bienfaisant qui protége les Fourmis, les Girafes et les Hommes peut-être! Nous allons avant peu, ô mon bien-aimé! nous voir rapprochés à jamais. Les savants dont je te parlerai tout à l’heure (ce sont des gens qui font ici la pluie et le beau temps, mais le beau temps bien rarement), les savants, dis-je, viennent de décider dans leur sagesse qu’il était éminemment rationnel de nous réunir, pour parvenir, dans la monographie des Girafes, à l’appréciation exacte de certains faits particuliers. Il est vraisemblable que cela ne te paraîtra pas fort clair au premier abord, mais tu en sauras autant que moi après deux mots d’explication.

Je ne te rappellerai pas les douleurs de notre séparation; hélas! tu les as senties comme moi. Je ne te parlerai pas des souffrances de ma captivité dans une prison de bois, à travers les mers et les tempêtes. N’es-tu pas condamné à les subir à ton tour? Plus heureux que moi cependant, puisqu’au bout des jours d’épreuve qui te menacent tu es sûr de me retrouver! Tu verras d’ailleurs tous ces détails dans mes Impressions de voyages, aussitôt que la Revue des Bêtes aura paru. Ses rédacteurs ne manqueront pas.

Il te suffira donc de savoir aujourd’hui qu’on me transportait sur une terre si différente de la nôtre, que tu auras quelque peine à t’y accoutumer. Le soleil y est pâle, la lune blafarde, le ciel terne, la poussière sale et détrempée, le vent humide et froid. Sur trois cent soixante et quelques jours dont se compose l’année, il pleut pendant trois cent quarante, et tous les chemins deviennent d’immondes rivières, où une Girafe qui se respecte n’oserait poser une patte. Seulement, pour changer un peu, pendant une partie de l’année, la pluie devient blanche, et couvre au loin le sol d’un immense tapis dont l’éblouissante monotonie blesse l’œil et contriste l’âme; l’eau devient solide, et malheur aux oiseaux du ciel qui ont soif! ils meurent au courant des ruisseaux sans pouvoir se désaltérer. A l’aspect de cette région désastreuse, je restai un moment saisie d’effroi; je venais d’arriver dans la Belle France.

L’espèce d’Animal qui domine dans le triste pays dont je viens de te faire la peinture est probablement la plus maltraitée de toutes les créatures de Dieu. Le devant de sa tête, au lieu d’être élégamment allongé en courbe gracieuse, est plat et vertical. Son cou, presque tout à fait caché entre les épaules, n’a ni développement ni souplesse; sa peau rase est d’une couleur terreuse et livide comme le sable, et, pour comble de ridicule, il a pris la sotte habitude de marcher sur ses pattes de derrière, en balançant burlesquement de côté et l’autre les pattes de devant pour maintenir son équilibre. Il est difficile de rien imaginer de plus absurde et de plus laid. Je suis portée à croire que ce pauvre Animal a quelque sentiment naturel de sa difformité, car il cache avec un grand soin tout ce qu’il peut en dérober aux regards sans nuire à l’exercice de ses organes; et, pour y parvenir, il a réussi à se fabriquer une sorte de peau factice avec l’écorce de certaines plantes ou la toison de certains Animaux, ce qui ne l’empêche pas de paraître presque aussi hideux que s’il était nu. Je te réponds, mon bien-aimé, que, lorsqu’on a vu l’Homme d’un peu près, on est fière d’être Girafe.

Tu sais combien il nous est facile de nous communiquer toutes nos émotions et tous nos besoins avec des cris, des gloussements, des murmures, et surtout avec le regard, où tout sentiment vient se peindre. La race misérable dont je te parle a, selon toute apparence, joui du même privilége autrefois; mais, entraînée par un fatal instinct, ou, s’il faut en croire les plus sages, soumise par sa destinée à un implacable châtiment, elle s’est avisée de substituer au simple langage de la nature un grommellement articulé presque continu, de la monotonie la plus importune, dont l’objet principal est de ne pas se faire comprendre, et qu’on appelle la parole. Cet artifice bizarre sert seulement à énoncer de la manière la plus obscure possible, car c’est toujours la moins nette et la moins significative qui est la meilleure, quelque chose de vague, de confus, d’indéfinissable, qui prend le nom d’idées, quand on veut lui donner un nom. Comme ce mot ne signifie absolument rien, c’est celui dont on est convenu. L’échange défiant, hargneux, quelquefois tumultueux et hostile, de ces vains bruits de la voix, est ce qu’on appelle une conversation. Lorsque deux Hommes se séparent après avoir conversé pendant trois ou quatre heures, on peut être assuré que chacun des deux ignore profondément ce que pense l’autre, et le hait plus cordialement qu’auparavant.

Ce qu’il faut bien que je t’apprenne encore, c’est que ce vilain Animal est essentiellement féroce, et se nourrit de chair et de sang; mais ne t’épouvante pas, je t’en prie. Soit par un effet de sa lâcheté naturelle, soit par un horrible raffinement d’ingratitude et de cruauté, il ne mange que de pauvres Bêtes sans défense, timides, faciles à tuer par surprise, et qui le plus souvent l’ont habillé de leur laine ou enrichi de leurs services. Encore est-il d’usage qu’il les prenne exclusivement dans le pays; un Animal venu de l’étranger lui inspire d’ordinaire un religieux respect, qu’il manifeste par toute sorte de soins et d’hommages; ce qui paraît du moins prouver, à son honneur, qu’il ne se dissimule pas l’infériorité relative de sa misérable condition. Il trace des parcs pour la Gazelle, il décore des antres pour le Lion; il a planté pour moi des arbres à la feuille nourrissante, dont je peux atteindre aisément la cime; il a jeté devant mes pas une pelouse fraîche comme celle qui croît au bord des puits, ou un sable roulant et poli comme celui que mon pied fait voler dans le désert; il entretient dans ma demeure une température toujours égale, et ses semblables seraient trop heureux s’il avait pour eux les mêmes égards et les mêmes attentions; mais il ne s’en soucie guère. Toujours il les dédaigne quand il n’en a pas besoin; souvent il les tue, et quelquefois même il les mange dans certains jours de grande solennité. Les jours de carnage sans appétit et sans but sont infiniment plus communs, et ils arrivent au moment où l’on y pense le moins. L’occasion de ces massacres est ordinairement ce rien sonore qu’on appelle un mot, ou ce rien indéfinissable qu’on appelle une idée. Au défaut des armes naturelles que la sage prévision de la Providence a refusées à l’Homme, il a inventé, pour ces horribles collisions, des instruments de mort qui détruisent infailliblement tout ce qu’ils touchent, et qui sont en général copiés sur ceux dont la nature a muni les Animaux pour leur défense; on le voit porter à côté de sa cuisse, avec une sorte d’orgueil, une épée longue et pointue comme celle de la Licorne, ou un sabre recourbé et tranchant comme celui de la Sauterelle. Il n’est pas jusqu’au tonnerre du Tout-Puissant dont il n’ait dérobé le secret à la création, en modifiant ses formes et son usage avec une exécrable variété. Il en a de portatifs qui s’appuient à l’épaule sur une de ses pattes de devant; il en a d’énormes qui sont cependant mobiles, qui courent au-devant de lui sur quatre roues, et qui portent dans leurs entrailles de fer mille morts à la fois. Quand on n’est pas d’accord sur le mot ou sur l’idée, et Dieu sait si cela arrive souvent! on met ces épouvantables machines en campagne, et celui des deux partis qui tue le plus de monde à son adversaire a raison jusqu’à nouvel ordre. Cette manière d’avoir raison, qui te fait sans doute horreur, a même un nom particulier: c’est de la gloire.

L’Homme n’est pas le seul Animal parlant que l’on remarque ici. J’en vois souvent un autre que l’on appelle le Savant, et qui fait tout ce qu’il peut pour se distinguer de l’espèce commune, à laquelle il appartient cependant beaucoup plus qu’il n’en a l’air. Ce qui le caractérise du premier abord, c’est son pelage d’un vert foncé qu’il aime à chamarrer de broderies et de rubans; mais je t’ai déjà dit que c’était un pur artifice, et il n’y a communément là-dessous qu’une espèce d’Animal comme le premier Homme venu. Il en diffère plus essentiellement par son langage, qui est la chose la plus extraordinaire du monde. Il n’y a aucun égard à cette fiction de l’idée qui occasionne tant de tribulations au reste de l’espèce, mais seulement au mot qui la représente bien ou mal pour les autres, et qu’il se ferait scrupule d’employer, si on pouvait lui reprocher d’avoir égard à l’autorité de l’usage. L’état de Savant consiste à se servir de mots si rarement prononcés, qu’il vaudrait autant qu’ils ne l’eussent pas été du tout, et le principal mérite du Savant est de faire tous les jours des mots nouveaux que personne ne puisse entendre, pour exprimer des faits vulgaires que tout le monde peut connaître. Aussi le Savant ne se fait-il pas faute de ces inventions barbares dont il a seul le secret; mais il le faut bien! un Savant intelligible ne serait plus un Savant, et c’est en vain qu’il aspirerait au pelage vert; car le Savant se produit par métamorphose comme le Papillon. Tout Homme qui baragouine intrépidément un langage inconnu est la Chenille d’un Savant; il n’a plus qu’à filer son cocon et à s’enterrer dans un livre qui lui sert de Chrysalide. La plupart y meurent tout de bon.

S’enterrer dans un livre qui lui sert de Chrysalide.

Une autre espèce beaucoup plus intéressante, c’est la Femme, pauvre Animal doux, élégant, délicat, timide, que l’Homme a conquis je ne sais où, je ne sais quand, et qu’il s’est soumis comme le Cheval, par la ruse ou par la force. Je te déclare ici, et je n’y mets pas de fausse modestie, que c’est la Bête la plus gracieuse de la nature. Cependant l’Homme déteint un peu sur elle, il lui fait tort; elle gagnerait à être vue à part. On sent trop qu’elle est tourmentée par la douloureuse conscience de sa destinée faussée, de son avenir trahi. Comme le besoin d’aimer est à peu près le seul de ses sentiments; comme il faut absolument qu’elle aime quelque chose ou quelqu’un, elle se persuade quelquefois qu’elle aime un Homme et qu’elle va retrouver en lui le type de cet amant d’autrefois dont son indigne ravisseur l’a séparée; mais l’illusion ne dure pas longtemps. A peine s’est-elle donné un maître, que le type s’efface et va se loger dans un autre. Ne crois pas que l’expérience d’une seconde, d’une troisième, d’une dixième erreur la désabuse enfin de ce fantôme qui l’appelle partout et la fuit toujours. Elle n’existe que pour aspirer à l’être inconnu qui compléterait sa vie, et je n’ai pas besoin de te dire qu’elle ne le trouvera jamais. L’inconstance est donc un de ses défauts ou plutôt un de ses malheurs, car on ne jouit pas du bonheur d’aimer quand on conçoit la possibilité future de ne plus aimer ce qu’on aime. Les Hommes lui reprochent aussi un peu de vanité; mais, suivant leur usage, les Hommes ne savent ce qu’ils disent. La vanité consiste dans un jugement exagéré qu’on porte de soi, et la Femme s’estime tout au plus ce qu’elle vaut. Si elle savait mieux se connaître, elle se soumettrait avec moins de déférence aux pratiques ridicules que ses tyrans lui imposent et qui lui répugnent visiblement. Le pelage artificiel, par exemple, convient peut-être à l’Homme qui est épouvantablement laid; mais à la Femme, c’est un hors-d’œuvre de mauvais goût. Il est vrai de dire qu’elle le rend aussi exigu, aussi léger, aussi transparent que possible, qu’elle s’arrange de manière à laisser deviner tout ce qu’elle n’ose pas laisser voir.

Si le bruit des étranges manies qui tourmentent le monde où je vis est parvenu jusqu’au désert, tu t’étonneras que je te donne tant de détails sur le pays où l’on m’a fâcheusement naturalisée, en dépit de mes inclinations, et que je ne t’aie rien dit encore de la politique de ces gens-ci ou de leur manière de se gouverner. C’est que, de toutes les choses dont on parle en France sans les entendre, la politique est la chose sur laquelle on s’entend le moins. Si tu écoutes une personne à ce sujet, c’est grand embarras; si tu en écoutes deux, c’est confusion; si tu en écoutes trois, c’est chaos. Quand ils sont quatre ou cinq, ils s’égorgent. A en juger par les honneurs unanimes qu’ils m’ont rendus, au milieu des sentiments de haine réciproque, et certainement bien fondée, qui les animent les uns contre les autres, j’ai pensé quelquefois qu’ils s’étaient arrêtés à l’idée de me reconnaître pour souveraine, et je suis réellement, à ma connaissance, le seul être un peu haut placé pour lequel ils témoignent quelques égards. Il ne serait pas surprenant, d’ailleurs, que les plus habiles d’entre eux, justement effrayés des inconvénients et des malheurs d’une lutte éternelle sur l’origine et le caractère des pouvoirs sociaux (tu ne sais pas ce que c’est), se fussent réunis à l’amiable dans le sage projet de choisir leurs maîtres à la taille, ce qui réduirait toutes les difficultés du système électoral et du système monarchique à une opération de toisé. Rien ne paraît plus raisonnable.

Il y a quelques jours que je me crus sur le point de pénétrer tout à fait dans ces mystères. J’avais entendu dire que les Hommes d’élection, entre les mains desquels reposent toutes les destinées du pays, s’assemblaient publiquement dans un lieu plus rapproché des rives du fleuve que celui qui m’est désigné pour séjour, et j’y dirigeai ma promenade. J’arrivai, en effet, à un vaste palais, dont un peuple innombrable occupait toutes les avenues, et qui me parut habité par une multitude de personnages affairés, tumultueux, bruyants, qui ne diffèrent, au premier abord, du reste des Hommes que par une laideur plus caractéristique, plus maussade et plus rechignée, ce que j’attribuai sans peine à l’habitude des méditations graves et des affaires sérieuses. Ce qui me surprit davantage, c’est leur extrême pétulance qui ne leur permet pas de rester un seul instant en place, car j’assistais par hasard à une des séances orageuses de la session. Ils s’élançaient, bondissaient, se mêlaient en cent groupes confus, apostrophaient leurs adversaires de cris et de gestes menaçants, ou leur montraient les dents avec d’effrayantes grimaces. La plupart semblaient avoir pour objet de s’élever le plus possible au-dessus des autres, et certains ne dédaignaient pas, pour y parvenir, de se jucher habilement sur les épaules de leurs voisins. Malheureusement, quoique placée d’une manière fort commode par le bénéfice de ma haute stature, pour ne pas perdre un des mouvements de l’assemblée, il me fut impossible de saisir une parole dans cet immense brouhaha, et je me retirai de guerre lasse, horriblement assourdie de vociférations, de grincements, de sifflements, de huées, sans pouvoir établir l’apparence d’une conjecture sur l’objet et les résultats de sa délibération. Il y a des gens qui assurent que toutes les séances ressemblent plus ou moins à celle-là, ce qui me dispense d’assister à une autre[10].

Toutes les séances ressemblent plus ou moins à celle-là.

Je me proposais de te donner quelques échantillons du langage dont on se sert maintenant à Paris, avant de livrer cette lettre à mon interprète, mais il prétend que cela lui gâterait la main; et puis, pour dire vrai, j’ai trop de peine à fixer ce jargon dans ma mémoire. Tu en jugeras suffisamment par deux périodes que viennent d’échanger, sur mes gazons fleuris, un grand jeune Homme à barbe de Bison et une charmante Femme aux yeux de Gazelle, envers laquelle il cherchait à se justifier d’une absence prolongée.

«J’étais préoccupé, belle Isoline, lui disait-il, de puissantes idées dont le cœur qui bat dans votre poitrine de Femme a la noble intuition. Placé, par les capacités qu’on veut bien m’accorder, au plus haut degré des adeptes de la perfectibilisation, et absorbé depuis longtemps dans les spéculations philanthropiques de la philosophie humanitaire, je traçais le plan d’un encyclisme politique où viendront se moraliser tous les peuples, s’harmoniser toutes les institutions, s’utiliser toutes les facultés et progresser toutes les sciences; mais je n’en étais pas moins entraîné vers vous par l’attraction la plus passionnelle, et je...

—N’achevez pas! interrompait Isoline avec solennité; ne me croyez pas étrangère à ces hautes méditations et ne soupçonnez pas mon âme de se laisser séduire aux appâts d’un naturalisme grossier. Fière de votre destinée, cher Adhémar, je ne vois dans le sentiment qui nous unit qu’un dualisme d’affinités que l’instinct respectif de cohésion a fini par confondre dans un individualisme sympathique, ou, pour m’exprimer plus clairement, que la fusion de deux idiosyncrasies isogènes qui sentent le besoin de se simultanéiser.»

Là-dessus la conversation s’est continuée à basse voix, et je crois pouvoir supposer qu’elle est devenue plus intelligible, car le jeune philosophe rayonnait d’orgueil et de joie quand il a quitté Isoline pour ne pas être surpris par le cornac de sa maîtresse. Te serais-tu jamais imaginé que cet abominable galimatias pût signifier je vous aime dans une langue quelconque? Si ce n’est là, cependant, la manière la plus commode de parler, c’est assurément la plus distinguée, et il y a même des beaux esprits très-vantés qui font profession de ne pas s’exprimer autrement. Oh! qu’il me tarde, mon ami, d’entendre parler girafe...

P. S.—Quoique l’enseignement élémentaire ne soit pas établi en Girafie, et peut-être même parce qu’on n’y pensera jamais dans nos solitudes, les caractères de cette lettre s’expliqueront d’eux-mêmes à tes yeux et à ta pensée. Ils sont tracés sous mon inspiration par un bonhomme de mes amis qui entend la langue des Animaux beaucoup mieux que la sienne propre, ce qui n’est réellement pas trop dire, et que je recommanderai un jour à ta douce indulgence. Le pauvre diable m’est assez connu pour que j’ose affirmer qu’il s’est laissé faire Homme parce qu’il n’a pu faire autrement, et qu’il aurait abdiqué volontiers, si cela eût dépendu de lui, les priviléges de sa sotte espèce, pour prendre la peau de tout autre Animal, grand ou petit, pourvu qu’il fût honnête.

La Girafe.

Pour traduction conforme:

Charles Nodier.



Story DNA

Plot Summary

A giraffe, recently relocated from her desert home to a Parisian zoo, writes a letter to her beloved, who is soon to join her. Through her observations, she offers a scathing critique of human society, finding their physical appearance ugly, their language meaningless and divisive, their politics chaotic, and their customs absurd. She contrasts human cruelty and pretension with the natural simplicity and honesty of animals, expressing a deep longing for genuine communication and her desert home, while a human scribe, who shares her disdain for his own species, transcribes her thoughts.

Themes

cultural critiquealienationperception vs. realitythe absurdity of human society

Emotional Arc

amused observation to exasperated longing

Writing Style

Voice: first person
Pacing: slow contemplative
Descriptive: lush
Techniques: irony, exaggeration, anthropomorphism, direct address to reader (her lover)

Narrative Elements

Conflict: person vs society
Ending: bittersweet
Magic: talking animals, animals writing letters
the giraffe (representing natural wisdom/simplicity)the desert (representing natural purity/home)Paris/France (representing artificiality/corruption of human society)

Cultural Context

Origin: French
Era: 19th century

This piece is a satirical critique of French society, politics, and intellectualism of the 19th century, likely influenced by Enlightenment-era philosophical tales that used foreign observers to comment on European customs (e.g., Montesquieu's 'Persian Letters'). The giraffe's perspective highlights the absurdity of human behavior from a 'natural' viewpoint.

Plot Beats (14)

  1. A giraffe in the Jardin des Plantes in Paris writes a letter to her lover in the desert, announcing his imminent transport to join her.
  2. She recounts her difficult journey and expresses her relief that he will soon be with her.
  3. She describes the unpleasant French climate, contrasting it with their desert home.
  4. She then describes humans, finding them physically ugly, awkward, and ridiculous in their habits.
  5. She critiques human language, finding it a 'grumbling articulated' sound that leads to misunderstanding and hatred, unlike the clear communication of animals.
  6. She observes human ferocity, noting they eat defenseless animals, but show respect for foreign animals like herself.
  7. She details human warfare, describing their invented weapons and the concept of 'glory' derived from killing.
  8. She distinguishes 'Savant' humans from common humans, noting their attempts to appear superior.
  9. She describes the 'Woman' as vain and inconstant in love, yet also a victim of male impositions.
  10. She expresses confusion about human 'politics,' describing it as chaotic and leading to conflict.
  11. She attends a political assembly, finding it a noisy, aggressive, and incomprehensible spectacle.
  12. She provides an example of human 'conversation' between a man and a woman, which is filled with pretentious, meaningless jargon.
  13. She expresses her profound longing to hear the simple, honest language of giraffes again.
  14. In a postscript, she reveals that a human friend, who understands animal language better than his own, is transcribing her letter, and implies he too despises being human.

Characters

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The Giraffe

giraffe adult female

A tall, elegant giraffe with a long, gracefully curved neck and slender legs. Her coat is a rich, earthy yellow with distinct, irregularly shaped brown patches, providing natural camouflage. Her build is lean and athletic, typical of a wild giraffe.

Attire: None, as she is an animal, but her natural coat is her defining 'attire'.

Wants: To reunite with her beloved mate and to understand (and critique) the strange world of humans she has been forced into.

Flaw: Her captivity and separation from her natural habitat and mate. Her strong opinions can make her seem dismissive of others.

She begins in a state of suffering and bewilderment over her captivity but gradually adapts to her new environment, becoming a sharp observer and critic of human society, while holding onto the hope of reunion with her mate.

Her long, elegant neck, held high, with her distinctive patterned coat.

Observant, intelligent, critical, proud, and affectionate. She is deeply critical of human society but expresses deep love for her mate.

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The Giraffe's Amant

giraffe adult male

A strong, healthy male giraffe, likely with a similar coat pattern to his mate, perhaps slightly larger and more robust, as is common for males.

Attire: None, as he is an animal.

Wants: To be reunited with his beloved mate.

Flaw: His separation from his mate and the impending captivity he is destined to endure.

His arc is anticipated; he is destined to follow his mate into captivity, but with the promise of reunion.

A majestic male giraffe in a desert setting, looking into the distance.

Loving, patient, and loyal, as he is the recipient of his mate's heartfelt letter and awaits their reunion.

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Charles Nodier

human adult male

A 'good fellow' (bonhomme) who is described as having made himself human because he couldn't do otherwise, implying a somewhat unassuming or perhaps slightly disheveled appearance, not particularly imposing. He is likely of average height and build for a 19th-century Frenchman.

Attire: Simple, functional 19th-century French attire, perhaps a plain linen shirt, waistcoat, and trousers, suggesting a scholarly or eccentric disposition rather than wealth or status. Nothing ostentatious.

Wants: To accurately transcribe the Giraffe's letter, driven by his unique ability to understand animal languages.

Flaw: His own language skills are implied to be inferior to his understanding of animal communication, and he is easily swayed by the Giraffe's request.

He serves as a conduit for the Giraffe's voice, remaining consistent in his role as her interpreter.

A man with a kind, slightly disheveled appearance, holding a quill and parchment, listening intently as if to an unseen animal.

Kind, understanding, humble, and exceptionally empathetic towards animals. He is a skilled interpreter, prioritizing the giraffe's voice over his own 'hand' (writing style).

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Adhémar

human young adult male

A tall young man, described as having a 'Bison beard', suggesting a full, perhaps somewhat wild or unkempt beard. He is likely of a robust build.

Attire: Implied to be dressed in a manner befitting a 'philosopher' or 'adept of perfectibilization' in 19th-century Paris, likely a dark, formal suit or frock coat, perhaps with a cravat, but without specific details provided by the Giraffe.

Wants: To impress Isoline with his intellectual prowess and to justify his prolonged absence.

Flaw: His excessive verbosity and inability to communicate simply and genuinely.

He is a static character, serving as an example of human communication's absurdity.

A young man with a prominent, dark 'Bison beard', speaking with an air of self-importance.

Pompous, verbose, self-important, and intellectual (or at least, he believes himself to be). He uses convoluted language to express simple emotions.

👤

Isoline

human young adult female

A charming woman, described as having 'Gazelle eyes', implying large, expressive, and perhaps dark eyes. She is likely of a graceful and delicate build.

Attire: Implied to be dressed in fashionable 19th-century Parisian attire, likely a detailed dress with a fitted bodice and full skirt, perhaps in a soft color, but without specific details provided by the Giraffe.

Wants: To engage with Adhémar on an intellectual level and to reciprocate his (convoluted) affection in kind.

Flaw: Her adoption of overly complex language, hindering genuine communication.

She is a static character, serving as an example of human communication's absurdity.

A charming woman with large, expressive 'Gazelle eyes', speaking with a solemn, intellectual air.

Formal, intellectual (or attempting to be), and equally verbose as Adhémar. She engages in the same convoluted communication style.

Locations

The Desert (Giraffe's Homeland)

outdoor Warm, dry, clear skies, possibly with strong winds that kick up sand.

A vast, arid landscape of rolling, polished sand, where the sun is bright and the moon clear. It is the natural habitat of giraffes, implying sparse vegetation like acacia trees that giraffes can easily reach.

Mood: Nostalgic, free, natural, longed-for.

The beloved giraffe's original home, to which her mate is still confined, and where she hopes to be reunited.

rolling sand dunes polished sand bright sun clear moon acacia trees

Jardin des Plantes (Paris Zoo Enclosure)

outdoor Controlled temperature, but the general Parisian climate is described as damp, cold, with frequent rain or snow.

An enclosure within the Jardin des Plantes in Paris, designed to mimic a giraffe's natural habitat. It features nourishing trees whose tops are easily reachable, and a fresh lawn like those found by wells, or rolling, polished sand. The temperature is kept constant.

Mood: Artificial comfort, confinement, observation, a strange blend of natural elements within an unnatural setting.

The giraffe's current place of captivity and observation by scientists, where she receives special care from humans.

tall nourishing trees fresh green lawn rolling polished sand enclosure fences (implied) human observers (implied)

A Grand Parisian Palace (Assembly Hall)

indoor daytime Implied to be cold and damp Parisian weather outside, but the interior is a public gathering space.

A vast, imposing palace, likely an official government building in Paris, with numerous avenues leading to it. Inside, it contains a large assembly hall where 'men of election' gather. The interior is bustling with noisy, tumultuous crowds.

Mood: Chaotic, boisterous, confusing, formal yet disorderly.

The giraffe visits this palace, hoping to understand human mysteries, and observes a chaotic session of human politicians.

vast palace architecture (Haussmannian or classical French) numerous avenues large assembly hall crowds of people high ceilings ornate decorations (implied)