La Petite Voleuse
by Claudius Ferrand · from Fables et légendes du Japon
Adapted Version
Want to hear about a tricky girl? Her name is Aki. She likes to play tricks on people. But are tricks always fun? Let us see!
Aki is a clever girl. She likes to play little tricks. One sunny morning, Aki leaves her house. She carries a big basket. The basket has fresh fish inside. Aki walks down the street.
Aki goes to a very big house. Mr. Sanjo lives there. She sees a kind lady. This lady is Mrs. Cook. Aki says, "Hello, Mrs. Cook. My father sends this fish. It is a gift for Mr. Sanjo."
Mrs. Cook speaks to Mr. Sanjo. Mr. Sanjo says, "I know no one." Mrs. Cook brings the fish basket back to Aki.
Aki looks surprised. "Oh no!" she says. Aki says, "Wrong house! Leave fish here?" I will come back for it." Mrs. Cook says, "Yes, you can leave it."
Aki walks to a toy shop. She sees Mr. Toy Maker. Aki says, "Mr. Sanjo's wife wants new toys. She wants to see many pretty toys. Can you bring them to her house?"
Mr. Toy Maker is happy. He gets a box of pretty toys. He walks with Aki to the big house. He thinks he will sell many toys.
They get to the big house. Aki says, "Please wait here, Mr. Toy Maker. I will take the toys inside. Mr. Sanjo's wife is waiting." Mr. Toy Maker gives her the box.
Aki goes to the kitchen. Mrs. Cook is there. Aki says, "I am back for my basket." Mrs. Cook gives it to her. Aki puts the toys in the fish basket. No one sees the toys.
Aki goes back to Mr. Toy Maker. She says, "Mr. Sanjo's wife looks at the toys. Aki says, "Wait more." She leaves fast. She carries the fish basket. The toys are hidden inside.
Mr. Toy Maker waits. He waits and waits. He waits a very long time. No one comes. He goes into the kitchen. He asks about his toys.
Mrs. Cook says, "What toys?" Mr. Toy Maker says, "The toys for Mr. Sanjo's wife!" Mrs. Cook and Mr. Toy Maker look at each other. "Oh no!" they say. "That tricky girl!"
Mrs. Cook and Mr. Toy Maker tell everyone. They tell about Aki's trick. Now everyone knows about Aki. She played a trick. But tricks make people sad. Now no one trusts Aki. It is better to be kind and honest.
And after that day, everyone in town knew about Aki the tricky girl. No one wanted to play with her anymore. Do you know why? Because no one could trust her. It is always better to be honest.
Original Story
La petite Voleuse
Mademoiselle Aki était une jeune fille de dix-sept ans. Ses parents l'avaient gâtée. Comme toutes les jeunes filles qui sont gâtées par leurs parents, elle était vaniteuse, capricieuse et méchante. Elle avait un très vilain défaut. Aki était voleuse. Elle volait partout, elle volait toujours, elle volait tant qu'elle pouvait. Et, chose assez curieuse, elle ne se faisait jamais prendre. La coquine était d'une habileté rare. Du reste, vous allez en juger.
Un beau matin, elle prend un panier, le remplit de poissons, et quitte la maison, sans rien dire. Ses parents lui donnant malheureusement toute liberté de suivre ses caprices, et ne s'informant jamais de ses allées et venues, la laissent sortir, sans même lui demander où elle va avec ce panier.
Aki longe un moment la rue, tourne à droite, traverse une longue place, enfile une vaste avenue et arrive devant une maison d'apparence bourgeoise. C'est là que demeure le très honorable et très distingué ministre Sanjo.
La jeune fille entre par la porte cochère, traverse la cour, comme une habituée de la maison, tourne sur la gauche et se dirige vers la cuisine. Mme Osandon, la digne et replète cuisinière de M. le ministre, est en train de préparer le déjeuner de son maître.
Le ministre faisait sa toilette.
– Bonjour, Madame Osandon, lui dit Aki en la saluant, je suis la fille de M. Takeyoshi, le marchand de soieries qui habite la rue de Hongo. Hier soir, votre maître a rendu à mon père un service important. Et mon père m'envoie le remercier en son nom, en attendant qu'il se présente lui-même. Il m'a chargé de remettre à M. le ministre ce panier de poissons. Quoique ce soit peu de chose, veuillez prier votre maître de l'accepter comme un faible témoignage de notre reconnaissance.
La brave cuisinière n'a aucun motif de mettre en doute la sincérité de cette jeune fille. Elle accepte le panier, va trouver le ministre qui faisait sa toilette, et lui répète les paroles d'Aki.
Le ministre, après avoir écouté, réfléchit un instant, puis il répond:
– Je ne connais personne du nom de Takeyoshi; j'ignore s'il y a un marchand de soieries de ce nom dans la rue de Hongo; je n'ai pas souvenance d'avoir rendu hier soir un service quelconque à qui que ce soit. La chose m'eût été difficile, vu que je ne suis pas sorti hier de toute la journée. Il y a là une erreur; cette jeune fille se trompe d'adresse; reporte-lui son panier.
Pendant que se tenait ce petit bout de conversation dans la chambre du ministre Mlle Aki, restée seule à la cuisine, avait jeté un coup d'œil sur les étagères; elle avait aperçu une petite tasse de valeur, et très délicatement, l'avait glissée dans les profondeurs de sa manche. Mais, cela étant en dehors du programme, et n'étant arrivé que par hasard, ne nous y arrêtons pas, et continuons.
Mme Osandon redescend donc à la cuisine, et rend le panier à la jeune fille, en lui rapportant les paroles de son maître.
– C'est curieux! répond Aki, en reprenant le panier… C'est pourtant bien ici!… Aurais-je mal entendu?… Je suis si sotte!… Je vais retourner à la maison, et demander de nouveau à mon père. Voudriez-vous être assez aimable pour me permettre de déposer mon panier ici? Je reviendrai dans tous les cas le prendre.
– Il n'y a pas d'inconvénient, Mademoiselle.
Aki dépose donc son panier dans un coin de la cuisine; puis, saluant profondément Mme Osandon, elle reprend le chemin par lequel elle est venue.
Vous vous demandez peut-être pourquoi la rusée jeune fille a laissé là son panier? Pourquoi? Je vous le donne en mille. Inutile de vous creuser la tête. Vous ne devinerez pas. Mais vous allez comprendre tout à l'heure, et vous ne pourrez vous empêcher de penser: quelle petite coquine!
D'abord, elle ne retourne pas chez elle, tout naturellement. La voilà qui remonte l'avenue, enfile la rue de Sakanacho et s'arrête devant la boutique d'un horloger.
– Pardon! dit-elle en entrant. Je viens de la part de Mme Sanjo, la femme du ministre. Est-ce que vous avez de belles montres en or?
– Mais parfaitement, Mademoiselle. En désirez-vous de grandes ou de petites?
– Voici. Ma maîtresse voudrait en voir quelques-unes de dimensions différentes, pour pouvoir faire son choix. Elle est très fatiguée aujourd'hui et ne peut quitter la chambre. Il lui faut cependant une montre pour ce soir. Ne voudriez-vous pas en confier quelques-unes à votre apprenti, et le prier de m'accompagner chez ma maîtresse?
– Je n'ai pas l'habitude de confier des montres à mon apprenti. Mais, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je puis vous accompagner moi-même.
– Ce sera encore mieux!
Aki reprit le panier qu'elle avait déposé à la cuisine.
L'horloger, lui non plus, n'a aucune raison de soupçonner la jeune fille. Il choisit douze belles montres, les introduit dans une boîte, enveloppe la boîte d'un beau foulard de soie, met son manteau et part avec Aki.
Ils arrivent chez M. le ministre, entrent par la porte cochère, et pénètrent dans la cour. Arrivés là, la petite rusée dit à son compagnon:
– Comme Madame est couchée, elle serait peut-être contrariée de vous recevoir chez elle. Passez-moi les montres; je vais les lui porter. Et attendez-moi ici, ce ne sera pas long.
L'horloger sans méfiance passe la boîte à Aki, et les montres vont rejoindre la tasse de tout à l'heure dans les profondeurs de sa manche…
La jeune fille se rend à la cuisine, où elle retrouve Mme Osandon:
– Excusez-moi, dit-elle en entrant, je me suis effectivement trompée. Ce n'est pas chez M. le ministre Sanjo que mon père m'envoyait, mais bien chez un certain M. Sonjo. Pardonnez-moi le dérangement que je vous ai occasionné tantôt.
– Il n'y a pas de quoi, Mademoiselle, répond la cuisinière; tout le monde peut se tromper.
Aki reprend donc le panier aux poissons qu'elle avait déposé à la cuisine, vous commencez à comprendre dans quel but. Elle salue la bonne, et revient vers la cour, où attendait l'horloger.
– Madame est en train d'examiner les montres, dit-elle; dès qu'elle aura fait son choix, elle doit vous faire appeler. Patientez encore quelques secondes, et veuillez m'excuser; il faut que j'aille porter ces poissons à une amie de Madame.
Là-dessus elle le quitte et sort de la cour.
L'horloger, qui la voit sortir, un panier de poissons au bras, alors qu'elle est entrée les mains vides, n'a pas un instant la pensée de douter qu'elle soit une domestique de Mme Sanjo. Il ne soupçonne pas, le brave homme que, dans la manche de cette fille qui vient de sortir, reposent insouciantes les douze montres en or, qu'il a apportées de chez lui!
Il attend un bon quart d'heure. Mais personne ne vient. On a l'air, dans la maison, de ne pas même songer à lui. Impatienté, il se rend à son tour à la cuisine.
L'horloger la vit sortir, un panier au bras.
– Eh bien! dit-il à la cuisinière, est-ce que Madame a terminé son choix?
– Quel choix?
– Mais… le choix des montres.
– Quelles montres?
– Les montres que je viens d'apporter et que j'ai confiées à la jeune fille, pour les faire voir à Madame.
– Quelle jeune fille?
– Celle qui vient de sortir avec un panier.
– Celle qui vient de sortir avec un panier?
– Oui.
– Mais, mon brave homme, cette jeune fille n'est pas plus employée à la maison, que moi je ne suis employée au palais de l'Empereur!
Et la cuisinière raconte alors à l'horloger pétrifié les antécédents de l'histoire, et pourquoi et comment cette jeune fille est sortie de la maison avec un panier. L'horloger raconte à son tour l'histoire des montres, et pourquoi et comment il se fait qu'il est là.
– Alors, mon pauvre homme, conclut la cuisinière, vous pouvez leur dire adieu à vos montres!
Le malheureux horloger, comprenant un peu tard qu'il a été filouté, s'arrache les cheveux de désespoir, jure par tous ses ancêtres que jamais plus de sa vie, il ne confiera de montres à personne.
Il s'en va de ce pas faire sa déclaration à la police. La police s'est mise à la recherche de la petite voleuse.
La retrouvera-t-elle? «Chi lo sà!»
Story DNA
Moral
Null
Plot Summary
Aki, a habitually thieving and never-caught 17-year-old, embarks on a new scheme. She first tricks the minister's cook into believing she's delivering a gift of fish, secretly stealing a cup, and then leaves the fish basket behind under false pretenses. Next, she convinces a watchmaker to bring twelve gold watches to the minister's house, claiming they are for the minister's wife. Aki takes the watches, retrieves her fish basket, and leaves the watchmaker waiting indefinitely. The watchmaker and cook eventually realize they have both been duped by the same girl, and while the police are called, Aki's fate remains unknown.
Themes
Emotional Arc
amusement to frustration
Writing Style
Narrative Elements
Cultural Context
The story's origin is French, but the names like Aki, Sanjo, Osandon, Takeyoshi, Hongo, Sakanacho suggest an exoticized, possibly Japanese, setting for a European audience of the time.
Plot Beats (13)
- Aki, a spoiled and skilled thief, leaves home with a basket of fish.
- She goes to Minister Sanjo's house and tells the cook, Mme Osandon, that her father sent her to thank the minister with the fish.
- While the cook speaks to the minister, Aki steals a valuable cup from the kitchen.
- The minister denies knowing Aki's father or receiving any service, so Mme Osandon returns the fish basket.
- Aki pretends to be confused, claims she might have the wrong address, and asks to leave the basket in the kitchen, promising to return for it.
- Aki then goes to a watchmaker's shop and claims to be from Mme Sanjo, asking him to bring several gold watches for Mme Sanjo to choose from.
- The watchmaker, not suspecting anything, accompanies Aki to the minister's house with twelve gold watches.
- At the minister's house, Aki takes the watches from the watchmaker, telling him she will take them to Mme Sanjo and he should wait in the courtyard.
- Aki goes to the kitchen, tells Mme Osandon she was indeed at the wrong address, apologizes, and retrieves her fish basket.
- Aki returns to the watchmaker, tells him Mme Sanjo is examining the watches, and then leaves the courtyard with the fish basket, claiming she needs to deliver the fish to a friend of Mme Sanjo.
- The watchmaker waits for a long time, then goes to the kitchen to inquire about the watches.
- Mme Osandon and the watchmaker realize they have both been tricked by the same girl.
- The watchmaker, distraught, reports the theft to the police, who begin searching for Aki, whose whereabouts remain unknown.
Characters
Aki
A slender and agile young woman of seventeen, with a graceful and unassuming demeanor that belies her cunning nature. Her movements are quick and precise, allowing her to execute her thefts with remarkable dexterity.
Attire: Simple, yet well-maintained traditional Japanese attire, such as a modest kimono or a two-piece ensemble (kosode and hakama) in muted colors, allowing her to blend in seamlessly with various social settings. The sleeves of her kimono are notably deep and wide, serving as convenient hiding places for stolen goods.
Wants: To acquire valuable items through theft, driven by vanity and a desire for personal gain without effort.
Flaw: Her overconfidence in her own cleverness and her inherent dishonesty, which could eventually lead to her downfall.
The story ends with her fate unknown, leaving the reader to wonder if she will ever be caught or if her cunning will continue to serve her.
Vaniteuse (vain), capricieuse (capricious), méchante (mean), rusée (cunning), habile (skillful), manipulative.
Madame Osandon
A dignified and plump woman, indicative of a well-fed and established household cook. Her build suggests a life spent in the kitchen, robust and capable.
Attire: Practical, clean, and sturdy traditional Japanese kitchen attire, such as a simple, dark-colored kimono or work smock, possibly with an apron, made of durable cotton or linen. Her clothing would be functional rather than decorative.
Wants: To faithfully serve her master, Minister Sanjo, and manage his household's culinary needs.
Flaw: Her trusting nature, which makes her susceptible to Aki's deceptions.
She begins as a trusting figure and ends up realizing she was duped, becoming a witness to the watchmaker's misfortune.
Trusting, diligent, respectable, somewhat naive, dutiful.
Minister Sanjo
A man of honorable and distinguished appearance, befitting his high office. His physical presence would convey authority and intelligence.
Attire: Formal and elegant traditional Japanese court attire, such as a silk kimono in rich, deep colors, possibly with a haori jacket, reflecting his status as a minister. His clothing would be of fine quality, but not overly ostentatious.
Wants: To maintain order and integrity, and to avoid being misled.
Flaw: Not explicitly shown, but his cautious nature prevents him from being easily fooled.
He serves as a brief obstacle to Aki's initial plan, demonstrating his perceptiveness.
Perceptive, logical, cautious, honest, discerning.
The Watchmaker
A respectable tradesman, likely of average build, perhaps a bit stooped from years of close work. His hands might show the precision required for his craft.
Attire: Practical, respectable attire for a tradesman in Japan, such as a dark, sturdy kimono or a simple working jacket over a kosode, made of durable fabric like cotton or hemp. He might wear a specific apron for his trade when at work.
Wants: To conduct his business honestly and make a sale.
Flaw: His complete lack of suspicion and his willingness to trust a seemingly polite young woman.
He begins as a trusting businessman and ends as a heartbroken victim, vowing never to trust anyone again.
Trusting, diligent, professional, easily deceived, despairing.
Locations
Minister Sanjo's Residence - Exterior
A bourgeois-looking house with a large carriage gate (porte cochère) leading into a courtyard. The street outside is a vast avenue.
Mood: Initially appears respectable and ordinary, later becomes a place of deception.
Aki arrives at the minister's house, both initially and with the watchmaker.
Minister Sanjo's Residence - Kitchen
The kitchen of a minister's house, where the cook, Mme Osandon, prepares meals. It has shelves where valuable items are kept.
Mood: Busy, domestic, initially unsuspecting, later confused and revealing.
Aki interacts with the cook, steals a cup, leaves and retrieves the fish basket, and the watchmaker later confronts the cook here.
Watchmaker's Shop
A shop belonging to a watchmaker on Sakanacho street, where beautiful gold watches are displayed.
Mood: Professional, trusting, and filled with valuable goods.
Aki visits the shop to trick the watchmaker into bringing watches to the minister's house.