L'unique Parapluie
by Claudius Ferrand · from Fables et légendes du Japon
Adapted Version
It was a warm, clear night. Many people walked on the street. Bright lights shone. Shops were open. People laughed and talked. Vendors called out. It was a happy, busy place. The moon was big and round. Stars twinkled in the sky.
Yotaro walked on the street. He was a young boy. He held a big umbrella. The umbrella was open. It was yellow. It was made of paper. The night was clear. No rain came down. No sun was out. Yotaro carried his big, open umbrella.
People saw Yotaro. They saw his big umbrella. "Why is it open?" they thought. It was a clear night. People looked at Yotaro. They shook their heads. Then they walked away quickly.
Yotaro saw his friend. His friend walked to him. "Hello, Yotaro," his friend said. "Why this open umbrella?" his friend asked. "The sky is clear. There is no rain. Why is your umbrella open now?"
His friend asked, "Is it for rain?" Yotaro said, "No." His friend asked, "For sun?" Yotaro said, "No, not for sun." His friend looked puzzled. He did not know. He could not guess.
Yotaro smiled. "My family has one umbrella," he said. "Only one big umbrella. Dad uses it for rain. Mom uses it for sun. I can only use it at night. The sky is clear now. So I can carry it. It is my turn to use it. I like to carry it."
Yotaro walked on. He held his big umbrella. He was not looking hard. The umbrella was very wide. It touched a man. Yotaro's umbrella bumped a man. The man was surprised.
The man was cross. He bumped Yotaro back. Yotaro let go of his umbrella. The big umbrella fell down. It rolled in the dust. The umbrella was on the dirty ground. It looked sad.
Yotaro felt sad. He picked up his umbrella. He knew the street was too busy. His big umbrella needed space. Yotaro decided. He would take it to the fields. Big umbrellas need quiet places, not streets! That was a good idea!
Original Story
L'unique parapluie
Un beau soir d'été, le ciel est parsemé d'étoiles, au milieu desquelles la lune, dans son plein, trône comme une reine.
Le boulevard de Masagocho est noir de monde: flâneurs attitrés, qui s'ennuient chez eux le soir; touristes de passage, qui viennent étudier les curiosités de la rue; amateurs à la recherche de quelque objet nouveau; étudiants et étudiantes, en quête de distractions; sœurs aînées ou grand'mères promenant, attaché sur leur dos, un marmot qui dort ou piaille: c'est un perpétuel va-et-vient d'ombres qui se détachent en noir sur la lumière projetée par la lune.
De temps à autre des cris variés: c'est un Kurumaya qui se fait un passage à travers la foule. Il tire en courant sa voiture, sur laquelle se prélasse un monsieur à la dernière mode, tout fier de voir qu'on se dérange pour lui, ou bien, c'est le marchand ambulant de vermicelle; il porte sur l'épaule un long bambou aux deux extrémités duquel se balancent les longues boîtes qui contiennent la soupe fumante. C'est encore le masseur de profession, aveugle et grave: de la main droite, il tient un long bâton, dont il se sert pour assurer sa démarche incertaine, et de la main gauche, un petit sifflet, qu'à intervalles réguliers il porte à la bouche pour en tirer ce son particulier, semblable au cri de la chouette, qui le fait reconnaître partout.
Des magasins coquets et gracieux sont alignés de chaque côté de la rue.
De chaque côté de la rue sont alignés les petits magasins, coquets et gracieux, brillamment éclairés, les uns par des lampes à pétrole, les autres à la lumière électrique. Largement ouverts à tous les regards, ils exposent sans aucun mystère leurs marchandises diverses, rangées dans un ordre élégant.
Ils sont un peu délaissés le soir. La foule préfère circuler devant les nombreux étalages qui se succèdent de chaque côté du boulevard, à une petite distance des maisons. Ces étalages consistent en un simple tapis ou une mince natte étendue sur le sol. Éclairés par des lampes fumeuses ou des lanternes bigarrées, ils forment un panorama ravissant, que dépare à intervalles réguliers l'ombre épaisse des énormes et disgracieux poteaux du télégraphe ou du téléphone.
Là, sont alignés avec goût et élégance tous les objets à la mode du jour: fleurs et fruits de la saison, bijoux faux, lunettes de myope ou de presbyte, étoffes et soieries, porcelaines et ustensiles de ménage, bouquins et vieilles revues, jouets d'enfants, sucreries et pâtisseries alléchantes. Derrière chaque étalage, assis sur les talons et fumant tranquillement sa pipe, le marchand ou la marchande attend les acheteurs et invite les passants.
Les spectacles sont variés. Voici le bouquiniste, devant l'étalage duquel les étudiants s'arrêtent. Ils contemplent et feuillettent de vieux livres que, la plupart du temps, ils n'achèteront pas: car l'étudiant, en général, loge le diable dans sa bourse.
Ici, c'est le diseur de bonne aventure, le voyant de l'avenir. Il est assis devant une petite table, sur laquelle sont posés les bâtonnets mystérieux aux chiffres fatidiques. Grave et solennel, il attend que quelque naïf vienne lui confier ses secrets, et moyennant trois sous, apprendre de sa bouche la solution d'un problème d'avenir.
Là, c'est le charlatan bavard qui vend des drogues auxquelles il décerne un brevet d'efficacité infaillible, déblatère contre les médecins qui tuent le pauvre monde, et vendra cinq sous une fiole merveilleuse.
Yotaro se promène.
A quelques pas de lui, un jeune homme à la faconde intarissable, monté sur un tréteau et dominant la foule du geste et de la voix, vend aux enchères des étoffes, que tout naturellement il déclare inusables et de qualité supérieure. Plus loin, nous rencontrons le calligraphe habile; accroupi devant une immense feuille de papier, il trace sur elle, avec un pinceau qu'il s'est fixé au front, des caractères chinois, dont tout le monde s'accorde à proclamer le dessin admirable.
En face, sur une table recouverte d'un tapis, est installé un phonographe discret, du sein duquel s'échappent, comme autant de rayons, de longs tubes en caoutchouc. De nombreux auditeurs ont acheté pour un sou le droit de s'enfoncer ces tubes dans les oreilles, et ils écoutent immobiles la mélodieuse symphonie. Enfin, pour terminer, voici un homme d'un certain âge qui vend des verres de lampe incassables. Ne riez pas: car ce qu'il dit, il le prouve. Il se sert, en effet, de ces verres de lampe, tantôt comme d'un marteau pour enfoncer des clous, tantôt comme de baguettes de tambour pour frapper sur une planche.
Perdu dans la foule, Yotaro se promène. C'est un garçon de quinze ans. Il porte la casquette des étudiants d'un lycée quelconque. De la main droite, il tient un immense parapluie, grand ouvert. Ce parapluie est en papier huilé, couleur paille, à baleines de bambou. Tout le monde peut y lire de loin, tracés en gros caractères, les nom et prénom de son propriétaire, le nom de sa rue et le numéro de la maison qu'il habite. «Quel original!» se disent les passants sans y prêter une plus grande attention: car, à cet âge, toutes les fantaisies sont permises.
Yotaro rencontre un de ses camarades d'école:
– Quel est donc, Yotaro, le motif séduisant
Qui te pousse à porter ce riflard élégant?
Pleuvrait-il à torrents, sous des cieux aussi pâles?
– S'il pleuvait quelque chose, il pleuvrait des étoiles!
– Serait-ce le soleil qui te blesse les yeux?
– Non, car depuis une heure, il a quitté nos cieux.
– Craindrais-tu par hasard l'influence lunaire?
– Phébé ne brûle pas le monde qu'elle éclaire.
– Mais alors… pourquoi donc ce parasol gênant?
– Devine, si tu peux; je te le donne en cent.
– J'ai deviné! Tu veux, dans ton orgueil extrême,
Te faire remarquer: c'est toujours ton système!
– Que le monde m'observe ou ne m'observe pas,
Cela m'est bien égal, et ne me trouble pas,
– Alors, tu n'es qu'un fou; je vais te faire pendre!
– Un fou? Non, non! Écoute, ami. Tu vas comprendre.
Pour quatre, nous n'avons dans toute la maison
Que ce seul parapluie: il fait chaque saison.
Quand il pleut, mon papa, pour aller à l'ouvrage,
L'emporte; quand il fait un soleil sans nuage,
Ma maman le prend, pour aller chez le marchand.
Si je veux à mon tour me payer l'agrément
De le porter parfois, puis-je autre temps le faire
Que lorsqu'il ne pleut pas, et que la lune est claire?
Yotaro reçut un formidable coup de poing.
Et Yotaro continue sa promenade, le parapluie toujours ouvert, à travers la foule. Tout à coup, il se sent violemment arrêté par le bras, tandis qu'un formidable coup de poing vient s'abattre sur sa tête. Le pauvre parapluie, brusquement arraché de la main qui le porte, va rouler dans la poussière…
Yotaro distrait avait failli crever l'œil d'un paisible passant. Il résolut ce soir-là de ne plus exposer l'unique parapluie de la famille à de si désagréables aventures et d'aller désormais le promener dans la campagne, loin de la foule.
Story DNA
Moral
Sometimes, the simplest explanation for unusual behavior is the most practical one, not vanity or madness.
Plot Summary
On a beautiful, clear summer night, a young student named Yotaro walks through a bustling Japanese boulevard, conspicuously carrying a large, open umbrella. His schoolmate, puzzled by this unusual sight, questions him, initially suspecting vanity or madness. Yotaro reveals the simple truth: his family owns only one umbrella, and he can only use it when his parents don't need it for rain or sun. However, his open umbrella accidentally pokes a passerby, leading to a punch and the umbrella's fall, prompting Yotaro to decide he will only take it to the countryside in the future.
Themes
Emotional Arc
curiosity to amusement to surprise to minor mishap
Writing Style
Narrative Elements
Cultural Context
The story provides a snapshot of urban life in Japan during a period of modernization, with both traditional elements (street vendors, paper umbrellas) and emerging technologies (electric lights, phonographs, telegraph poles).
Plot Beats (9)
- The story opens with a vivid description of a lively summer evening on Masagocho boulevard, teeming with people, vendors, and entertainers.
- Among the crowd, a fifteen-year-old student named Yotaro walks with a large, open, straw-colored paper umbrella, despite the clear, starry night.
- Passersby notice Yotaro's odd behavior but dismiss it as youthful eccentricity.
- Yotaro meets a schoolmate who, in a poetic dialogue, questions him about why he is carrying an open umbrella on such a clear night.
- The schoolmate suggests various reasons like rain, sun, or lunar influence, and eventually accuses Yotaro of seeking attention or being foolish.
- Yotaro explains that his family possesses only one umbrella, which his father uses for rain and his mother for sun, leaving him only clear nights to carry it.
- As Yotaro continues his walk, still holding the open umbrella, he accidentally pokes a peaceful passerby in the eye.
- The offended passerby reacts by punching Yotaro in the head, causing the umbrella to be dropped and roll in the dust.
- Yotaro, chastened by the incident, resolves to take the family's sole umbrella to the countryside in the future, away from crowded areas.
Characters
Yotaro
A slender boy of fifteen years, typical for a Japanese student of the late 19th/early 20th century. His build is likely lean from his age and lifestyle. He is of average height for his age.
Attire: He wears the uniform of a high school student of the era, specifically a student's cap (casquette) which was common for Japanese students at the time. The rest of his clothing would likely be a simple, dark-colored school uniform, possibly a 'gakuran' style jacket and trousers, made of sturdy wool or cotton.
Wants: To enjoy the simple pleasure of carrying the family's only umbrella, especially when he can't use it for its intended purpose (rain or sun). He also seeks a sense of personal freedom and perhaps a subtle form of self-expression.
Flaw: Distractedness and a lack of awareness of his surroundings, leading to him nearly injuring a passerby. His eccentricity also makes him stand out, which can lead to unwanted attention.
He learns a lesson about situational awareness and the potential consequences of his actions, resolving to be more mindful of where he carries his large umbrella.
Imaginative, practical, a bit eccentric, and perhaps a touch naive. He is resourceful in finding a way to use the family umbrella and is unbothered by others' opinions.
Yotaro's Schoolmate
A boy of similar age to Yotaro, likely fifteen years old, with a typical lean build for a Japanese student of the period. His height would be average for his age.
Attire: He wears the uniform of a high school student of the era, similar to Yotaro, likely a 'gakuran' style jacket and trousers, made of sturdy wool or cotton, and possibly a student's cap.
Wants: To understand Yotaro's unusual behavior and perhaps to tease him about it.
Flaw: A tendency to make assumptions and to be overly critical of others' eccentricities.
He serves as a foil for Yotaro, prompting him to explain his actions, but does not undergo a personal change within the story.
Curious, teasing, direct, and a bit judgmental. He is quick to jump to conclusions about Yotaro's motives.
The Passerby
A peaceful adult man, likely of average build and height for a Japanese man of the late 19th/early 20th century. His appearance is unremarkable, suggesting he is an ordinary citizen.
Attire: He would wear typical Japanese street clothes of the era, possibly a simple kimono or a more Western-influenced suit jacket and trousers, depending on his social standing, but nothing ostentatious.
Wants: To defend himself from perceived harm and react to being nearly injured.
Flaw: A quick temper when startled or threatened.
He serves as the catalyst for Yotaro's realization, but does not undergo a personal change.
Peaceful and unassuming until provoked, then capable of sudden, violent anger when threatened.
Locations
Masagocho Boulevard
A bustling, crowded street in a Japanese city on a clear summer night. Small, charming shops line both sides, some lit by oil lamps, others by electric light. In front of the shops, numerous stalls with simple mats or carpets display goods, illuminated by smoky lamps or colorful lanterns. Large, unsightly telegraph or telephone poles cast thick shadows at regular intervals. The street is filled with people, street vendors, and rickshaws.
Mood: Lively, bustling, vibrant, a bit chaotic, illuminated by various lights.
Yotaro walks through the crowded boulevard with his open umbrella, encountering a friend and later getting into an accident.
The Countryside
An unspecified rural area, far from the crowds and bustle of the city. Implied to be open and peaceful, a contrast to the busy boulevard.
Mood: Peaceful, quiet, open, solitary.
Yotaro resolves to take his umbrella here in the future to avoid accidents.