Les Rats Au Temple
by Claudius Ferrand · from Fables et légendes du Japon
Adapted Version
Once upon a time. There was a big, special house. Inside, there was a big, quiet statue. It stood on a hill. Many people came to this house. They came to see the big statue. The statue was very old. It was very still.
Papa Rat lived in a house. He lived with his rat family. They lived in the house owner's big room. They had much food there. They were happy for a long time. But then a big cat came. The big cat chased them. The rats were very scared.
Papa Rat went to the big house. His family went too. They went to the big, quiet statue. Papa Rat stood in front. He put his paws together. He asked for help. "Oh, big statue," he said. "Please help us. The big cat chases us. We are very scared. Please make the cat go away."
A Wise Frog was behind the statue. The frog heard Papa Rat. The frog heard all the rats. The Wise Frog spoke in a quiet voice. "My friends," said the frog. "I hear your sad words. I know your problem."
The rats heard the voice. They looked around. They did not see anyone. The Wise Frog spoke again. "Cat is a problem," said the frog. "Cat is not your only problem." The rats were confused.
The Wise Frog told them. "You have small, sharp teeth. You use your teeth to chew things. You chew the house owner's things. You chew his wood. You chew his paper. The house owner gets angry. He does not like this. That is why he got the big cat."
The Wise Frog gave an idea. "Make your teeth small," the frog said. "Or you can stop chewing things. Then the house owner will be happy. Then the big cat will go away." This idea was hard.
The rats talked about the idea. They talked for a long time. "No!" said many rats. "We need our teeth!" Most rats shook heads. Only a few old rats liked it. But these old rats had no teeth.
The rats made a choice. "We like our teeth!" they said. Papa Rat spoke. "We will not change our teeth," he said. "We will find a new home. We will leave this house tonight." All rats agreed.
That night, the rats packed their food. They took their things. They walked away from the big house. They went to find a new place. They found a new, safe home. They were not scared anymore. They were happy in their new home.
The house owner was happy. He saw no more rats. He thought the big cat did a good job. He did not know about the Wise Frog. He did not know about the rats' new home. The rats lived well in their new place.
Sometimes, we have a problem. We must think about what we do. Sometimes, it is best to find a new way. Or find a new place. The house owner was happy. He did not know the rats found a new, safe home. And the rats were happy too, in their new place.
Original Story
Les Rats au temple
Sur le penchant d'une colline, dressant dans l'air ses formes bizarres et ses sculptures étranges, s'élève le temple de Couannon, la déesse de la pitié. Les pèlerins s'y succèdent en foule.
C'est un défilé de toutes les infortunes, qui passe incessamment devant la statue de la déesse, aux onze têtes et aux mille bras.
Elle a fort à faire, à écouter ces multitudes de plaintes, à exaucer ces innombrables demandes. Aussi, la bonne déesse en prend-elle très à son aise; les misères des mortels ne troublent guère son auguste repos, et ses oreilles de pierre restent parfaitement indifférentes aux appels désespérés de la douleur.
Les bonzes qui desservent le temple sont plus sensibles qu'elle aux pieux concours des foules; ce n'est pas sans plaisir qu'ils entendent résonner sur les dalles le bruit continuel des petits sous de cuivre.
Un pèlerin qui aurait, un certain soir, passé la nuit dans le temple, eût assisté à une scène étrange et mystérieuse. Il eût vu surgir de tous côtés une multitude de petits êtres à quatre pattes, à la queue longue et écailleuse, aux poils noirâtres ou cendrés.
Il les eût vus se masser devant la statue de Couannon, joindre leurs deux pattes de devant dans l'attitude de la prière, et se prosterner en poussant des cris plaintifs à fendre l'âme. C'était une famille de rats.
Le chef de la famille s'avança lentement sur le front de la troupe.
Le plus âgé d'entre eux, le chef de la famille, s'avança lentement sur le front de la troupe; puis, après avoir fait les trois prostrations d'usage, il formula à haute voix la prière suivante:
– O bonne et compatissante déesse, vous que les hommes appellent la déesse de la pitié, ayez pitié de notre infortune et écoutez nos malheurs! Vous n'ignorez pas sans doute que, depuis un temps immémorial, notre famille habite le vaste grenier d'un gros marchand de riz. Nous avons toujours vécu là, heureux et tranquilles, engraissant tous les jours, et nous multipliant à foison. Car, jusqu'ici aucun chat n'est venu troubler notre existence.
Or, il y a quelques jours, poussé par je ne sais quel caprice, notre propriétaire s'est procuré un chat de taille respectable et d'une habileté extraordinaire. Cet éternel ennemi de notre race s'est mis à nous livrer une chasse sans trêve et sans merci. Un soir, c'est une de nos jeunes filles, que nous aimions tendrement, qui disparaît pour ne plus revenir. Le lendemain, c'est une de nos femmes; puis vient le tour d'un père ou d'une mère, d'un oncle ou d'une tante, d'un cousin ou d'une cousine. Chaque nuit est pour l'un ou l'autre d'entre nous fatale et mortelle. Si les choses continuent de la sorte, nous sommes destinés à disparaître l'un après l'autre, et à nous éteindre pour toujours.
Ne sachant plus comment faire, nous recourons à vous, ô bonne et charitable déesse. De notre ennemi mortel, de ce chat sanguinaire, déesse délivrez nous!
Telle fut la prière du chef. A peine eut-il fini, que tous les rats se prosternant, se mirent à pousser des cris déchirants et à verser des larmes abondantes.
Derrière la statue insensible, une grenouille était cachée. Elle avait entendu la longue et plaintive prière. Sans se montrer, elle éleva la voix et répondit:
– Mes chers amis, c'est de tout cœur, croyez-le bien, que je compatis à vos chagrins et à vos malheurs. Le chat dont vous me parlez est, en effet, pour vous un adversaire terrible. Mais, croyez-vous par hasard que le chat soit votre unique ennemi? Ne vous en connaissez-vous point d'autres?
Derrière la statue insensible, une grenouille était cachée.
– Non! répondirent les rats, croyant que cette voix qui leur parlait était la voix de la déesse.
– Eh bien! continua la grenouille, toujours sans se montrer, c'est malheureux pour vous! Non, mes amis, le chat n'est pas votre unique et plus mortel ennemi. Vous en avez un autre, et c'est celui-là la cause unique de tout le mal qui vous arrive!
– Quel est-il donc? bonne déesse, répondit le chef de la famille. Jusqu'ici nous ne nous connaissions vraiment pas d'autre ennemi que le chat!
– Cet ennemi dont je vous parle, plus subtil, plus terrible, n'est pas loin de vous. Vous le portez avec vous-même. Il vous accompagne partout où vous allez, et voilà votre malheur!
Ici les rats se regardèrent. Il y eut dans la troupe des chuchotements à voix basse. Ils ne comprirent pas ce que la déesse voulait dire. Ils attendirent donc qu'elle leur dévoilât le mystère. La grenouille, toujours cachée, continua:
– Eh bien! cet ennemi mortel, ce sont ces dents pointues comme une vrille, que vous portez dans votre bouche. Ces dents vous démangent sans cesse. Elles ne s'arrêtent pas de travailler. La nuit, quand l'homme dort, couché dans ses oreillers, il vous entend ronger ou grignoter les poutres de son toit ou les planches de son plafond. Ce bruit l'agace et l'empêche de dormir.
Le lendemain, quand il se lève, quelle n'est pas sa colère de voir un des objets auquel il attachait du prix, rongé par ces dents qui ne savent rien épargner; tantôt c'est un Kakemono qu'il destinait comme cadeau à un ami; tantôt c'est un des livres dont son fils se servait à l'école, ou une ceinture de soie que sa fille par mégarde avait laissé traîner dans un coin de la chambre. Un jour, c'est la porte du buffet sur laquelle vos dents ont laissé des traces désastreuses, ou la cloison de papier déchirée en plusieurs endroits. Un autre jour, c'est le beau coussin que l'homme ne présente qu'aux visiteurs de marque. Tout cela, sans parler des dégâts que vos dents font à la cuisine.
Les rats déménagèrent.
Voilà pourquoi l'homme se fâche; voilà pourquoi votre propriétaire, ayant résolu votre perte, s'est procuré un chat.
Croyez-moi, mes amis, faites-vous arracher ces dents, qui sont cause de tous vos malheurs. Alors, vous pourrez vivre tranquilles et vous multiplier à loisir.
Quand la grenouille eut fini de parler, les rats se consultèrent. Fallait-il obéir au conseil de la déesse, et se faire arracher les dents? La discussion fut longue. Le pour et le contre furent pesés.
– Que ferons-nous donc sans nos dents? tel fut le cri qui partit de toutes les bouches.
Finalement le vote eut lieu. Il n'y eut pour la suppression des dents que la voix de quelques vieilles grand'mères dont les dents étaient déjà tombées. La majorité se prononça en faveur de leur conservation. Comme compensation à la chose, il fut résolu qu'on déménagerait le soir même, et qu'on irait ailleurs chercher une demeure plus sûre.
Ce soir-là, en effet, les rats déménagèrent, emportant leurs effets et leurs provisions. On ne les revit plus au temple. Et le marchand de riz se félicita chaudement de s'être procuré un chat.
Story DNA
Moral
Sometimes, the cause of our misfortunes lies within our own nature or actions, and true solutions require self-reflection rather than external intervention.
Plot Summary
At the Temple of Couannon, a goddess indifferent to human suffering, a family of rats prays for deliverance from a new cat that is decimating their population. A hidden frog, mistaken for the goddess, reveals that the rats' own destructive gnawing is the true cause of their troubles, prompting the man to get the cat. The frog advises the rats to remove their teeth, but after a debate, the rats reject this radical solution and instead decide to relocate to a new home, leaving the rice merchant content with his cat.
Themes
Emotional Arc
fear to false hope to pragmatic resolution
Writing Style
Narrative Elements
Cultural Context
The story uses elements that evoke an East Asian setting (Couannon, bonzes, Kakemono) but is written by a French author, suggesting a cross-cultural inspiration common in fables.
Plot Beats (11)
- The Temple of Couannon, goddess of pity, is described as a place where pilgrims seek help, but the goddess is indifferent, while the bonzes care only for offerings.
- A family of rats, living in a rice merchant's granary, faces a dire threat from a newly acquired, skilled cat.
- The rats gather before the goddess's statue and their chief delivers a passionate prayer, begging for deliverance from the cat.
- A frog, hidden behind the statue, overhears the prayer and responds, pretending to be the goddess.
- The frog tells the rats that the cat is not their only or most dangerous enemy, prompting confusion among the rats.
- The frog reveals that their own constantly gnawing teeth, which cause extensive damage to the man's property, are the true reason the merchant got the cat.
- The frog advises the rats to have their teeth removed to end their misfortunes and live peacefully.
- The rats debate the frog's advice, with only a few toothless old grandmothers agreeing to the suggestion.
- The majority of rats vote to keep their teeth and instead decide to relocate to a new, safer dwelling that very night.
- The rats pack their belongings and provisions and leave the temple, never to be seen there again.
- The rice merchant is pleased with his decision to get a cat, unaware of the rats' 'divine' intervention and subsequent departure.
Characters
Couannon
A large, imposing statue with eleven heads stacked or arranged around a central one, and a thousand arms extending from its body. Its form is described as bizarre and its sculptures strange, suggesting a non-human, possibly multi-limbed and multi-headed, divine representation common in some Asian mythologies.
Attire: No specific clothing is mentioned, as it is a statue, but likely adorned with traditional deity regalia and possibly offerings from pilgrims.
Wants: To exist as a revered, yet passive, object of worship.
Flaw: Her stone nature renders her incapable of action or true empathy.
Remains unchanged, a symbol of unfulfilled hope.
Indifferent, unresponsive, detached. Despite being the 'goddess of pity,' she shows no actual compassion or engagement with the pleas of mortals.
The Chief Rat
An older rat, likely larger and more robust than the other rats, with grayish or blackish fur, a long, scaly tail, and sharp, pointed teeth. His movements are slow and deliberate, indicating age and a sense of responsibility.
Attire: None, as he is an animal.
Wants: To ensure the survival and well-being of his rat family, to find a safe haven from the cat.
Flaw: His inability to comprehend the true cause of their misfortune (their destructive nature) and his reliance on external solutions.
Starts as a desperate leader seeking divine intervention, and ends as a pragmatic leader who chooses relocation over self-mutilation, learning that self-preservation sometimes means moving on.
Responsible, concerned, eloquent (in his prayer), traditional, and ultimately pragmatic. He acts as the leader and spokesperson for his family.
The Frog
A typical frog, hidden behind the statue. Its size is not specified, but it is capable of speaking in a clear voice that the rats perceive as the goddess's.
Attire: None, as it is an animal.
Wants: To offer a perspective on the rats' problems, perhaps to teach them a lesson about self-awareness and responsibility.
Flaw: Its indirect communication style, which leads to misinterpretation by the rats.
Remains unchanged, serving as a catalyst for the rats' decision.
Wise, observant, indirect, somewhat mischievous or ironic. It offers a harsh truth disguised as divine counsel.
The Cat
A cat of respectable size and extraordinary skill, implying a strong, agile, and effective hunter. Its fur color is not specified, allowing for inference of a sleek, predatory appearance.
Attire: None, as it is an animal.
Wants: To hunt and eliminate the rats, as instructed by its owner.
Flaw: None explicitly stated; it is portrayed as highly effective.
Remains unchanged, successfully performing its role.
Relentless, skilled, predatory, efficient. It fulfills its natural role as a hunter.
The Rice Merchant
A 'gros marchand de riz' implies a prosperous and possibly portly man, likely of East Asian descent given the story's context (temple of Couannon, Kakemono).
Attire: Likely wears traditional East Asian merchant attire, such as a simple, comfortable silk or cotton robe (e.g., a short-sleeved kimono or a hanfu-style garment) in practical colors, perhaps with a wide obi sash. His clothing would be well-maintained but not overly ostentatious for daily work.
Wants: To protect his property and maintain order in his home/business, to eliminate the rat infestation.
Flaw: His anger and frustration at the rats' destructive behavior.
Remains unchanged, successfully resolving his rat problem.
Practical, decisive, easily annoyed by damage to his property. He values his possessions and his peace.
Locations
Temple de Couannon
A temple dedicated to Couannon, the goddess of pity, with bizarre forms and strange sculptures. Inside, there are stone ears on the statue of the goddess, and dalles (stone slabs) on the floor. The statue has eleven heads and a thousand arms. There is a hidden space behind the insensitive statue.
Mood: mysterious, solemn, indifferent (from the goddess's perspective), desperate (from the rats' perspective)
The rats gather to pray to the goddess for deliverance from the cat, and a frog hidden behind the statue offers them advice.
Vaste grenier d'un gros marchand de riz
A large attic belonging to a wealthy rice merchant, implied to be filled with rice and other provisions. It has wooden beams, floorboards, and possibly paper partitions or screens, along with household objects like Kakemonos, books, silk sashes, and cushions.
Mood: once secure and abundant, now dangerous and fearful
This is the rats' former home, where they lived peacefully until the merchant acquired a cat, leading to their nightly peril and their decision to seek a new home.